Interviews


7
juil 10

Interview: Young Michelin

[MaximalMinimal] Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ? Young Michelin, votre nom, c’est un hommage à quelque chose en particulier ?

[YM] Nous sommes Young Michelin, cinq garçons dans le van. Le groupe est composé de Romain Leiris à la basse, Arnaud Pilard à la guitare, Vincent Pedretti à la batterie, Laurent Maudoux aux claviers et moi-même Romain Guerret à la guitare et au chant. Tous expatriés à Marseille. Notre nom rend hommage à la jeunesse et à la magie blanche. Nous portons des sous-pulls noirs, fendus de larges bandes de couleur comme tout bon individu en marge qui se respecte.

[MaximalMinimal] Quelle a été la volonté de Romain Guerret en créant ce side-project qu’est Young Michelin en plus de Dondolo ?

[YM] Rien n’est venu motiver la création de YM, cela s’est fait comme ça, sans aucune ambition particulière, juste l’envie d’exprimer des sentiments. La tristesse, la colère, la résignation, le dégoût de notre société contemporaine. Arroser notre ennui de brume de fuzz, de refrains mélancoliques.

[MaximalMinimal] Comment décririez-vous votre musique et les influences que vous avez eues ?

[YM] De la musique pour chaires sensibles, loin des saillies ludico-festives et obscène de la pop d’aujourd’hui (où tout le monde semble ravi pour rien), nous ne faisons pas de cœurs avec nos mains. La musique de YM n’est pas très moderne, elle est hors du temps, surannée comme une vieille rose séchée, elle a l’odeur des coursières au printemps, le goût du vin les lendemains de cuites, l’odeur de l’orage au loin.

[MaximalMinimal] On vous compare parfois de manière extravagante à Poly Styrene ou Michel Gondry. Votre style musical et votre inspiration, est-ce de la nostalgie ? L’influence de votre origine “provinciale” ?

[YM] Les gens seraient plus nostalgiques en Province qu’à la capitale ? Peut-être…En tous cas oui, nous sommes tous des provinciaux, des quatre coins de la France, et l’on nous compare à tout un tas de trucs (oui-oui, Indochine, Taxi girl, Violette Nozière, Field mice, the Drums, une Méhari …) à tort ou à raison. Nous ne sommes pas nostalgiques mais mélancoliques, la nuance est de taille. Il est bon, voire salutaire de pouvoir s’extraire du temps et rêvasser, se noyer dans ce flot d’images perdues, fantasmer notre propre passé, le poétiser, le transformer pour en faire autre chose. Face à la vulgarité du monde moderne c’est un moyen de défense accessible à tout le monde et pour pas grand-chose. C’est ça ou poser des bombes.

[MaximalMinimal] Vous distribuez votre musique en digitale gratuitement sur Holiday Records, et vos vinyles sur une plateforme unique (Bulle Sonore Records). Peu de groupes font ça à l’heure actuelle. Est-ce que c’est un modèle de distribution qui vous tient à cœur au regard de l’évolution de l’industrie musicale ?

[YM] Il y a vachement de gens qui sortent des EPs, 45 tours, vinyle, en ce moment.
Le top c’est de mélanger les deux technologies en insérant, dans la pochette du vinyle, des codes permettant le téléchargement des titres en MP3 pour mettre sur son walkman. Comme ça les gens ont le joli objet chez eux et ils peuvent écouter son contenu partout. Ça c’est chouette je trouve. Après je n’ai pas trop d’avis sur les différents modèles de distribution, on fait comme on peut avec ce qu’on a.

[MaximalMinimal] Qu’est-ce qui vous a amenés à signer et à travailler avec Jacob Graham (fondateur de Holiday Records et leader de The Drums, ndlr) ?

[YM] Ce dinosaure de Myspace ! Et oui ils font leur marché sur Myspace comme à la grande époque en 2006 ! Ils m’ont contacté via Myspace donc et m’ont dit qu’ils aimaient beaucoup la musique de Young Michelin, ils m’ont expliqué leur façon de fonctionner et voilà, archi-simple. Je ne connaissais ni le label ni le groupe The Drums à l’ époque, c’est-à-dire il y a quelques mois. On vient aussi de sortir de jolis petits “split CD” collectors via le chouette label Cloudberry records aux USA.

[MaximalMinimal] Vous commencez à être assez médiatisés, avec un mini-reportage dédié aux deux groupes de Romain Guerret sur France 3, un article dans MAGIC Mag et une émission sur Électron Libre bientôt. C’est un choix ou quelque chose qui vient malgré soi ?

[YM] On essaye de diffuser un maximum notre musique, d’être présents partout, d’envahir les médias, de truster la presse, de faire chier un maximum de monde avec YM. C’est notre tactique du genre “drame”.

[MaximalMinimal] Vous sortez en 2009 l’EP Je Suis Fatigué/Elle M’Oubliera et cette année un autre EP, Young Michelin. La sortie d’un album serait-elle imminente ?

[YM] On y travaille, à notre rythme oui, par à-coups, sans rien forcer, surtout ne pas faire de remplissage ou des titres à tout prix, au détriment de la qualité. Rien ne presse finalement, il faut battre le fer tant qu’il échoue, ihihih, ahahaha.

[MaximalMinimal] Nos lecteurs sont très curieux ; qu’est-ce que vous écoutez comme musique en ce moment ?

[YM] Ben franchement j’écoute pas de musique car tous mes appareils sont en panne à cause de la chaleur, et je n’arrive pas à synchroniser mon niphone avec mon nitunes, tout est très compliqué pour moi en ce début d’été. Vivement la rentrée qu’on se mouille !

[MaximalMinimal] Un petit mot pour la fin ?

[YM] …nunc est bibendum, nunc pede libero pulsanda tellus … (« C’est maintenant qu’il faut boire et se déchaîner/danser », ndlr)

On remercie The Young Michelin, ce groupe hors du temps, de nous avoir livré cette interview pleine de sincérité et d’humour.


21
juin 10

Interview : Call Me Señor

À l’occasion de la VoxPop Party qui s’est déroulée le 12 juin à la Flèche d’or, nous avons rencontré le groupe Call Me Señor, ex-The Victorians, qui nous a offert une interview et une courte session acoustique avant le début de leur concert.

[MaximalMinimal] Pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas ?

[JB] Call Me Señor c’est Alex et moi. Deux mecs qui font de la bonne musique.

[Alex] Ça me va (rires).

[MaximalMinimal] Le passage de The Victorians à Call Me Señor a été un véritable virage. Qu’est-ce qui vous a poussés à faire ça ?

[Alex] En fait on était dans le groupe les Victorians, et ça marchait très bien. Mais le groupe s’est arrêté pour des raisons personnelles. C’était le troisième groupe que certains membres on dû arrêter, et donc on a pas eu le courage de les remplacer, surtout qu’on avait commencé comme une bande de potes. Avec JB on s’est rendus compte qu’on avait seulement besoin l’un de l’autre pour continuer. Et on a commencé Call Me Señor, avec un petit virage musical en se tournant un peu plus vers l’électro.

De toute façon comme on avait plus de batteur et de bassiste, on s’est dit qu’on allait les faire nous même. Le meilleur moyen ça a été de les passer sur piste pour être sûrs de contrôler tout le processus et la performance live.

[MaximalMinimal] Et le public que vous avez aujourd’hui, est-il le même que pour les Victorians ?

[Alex] Et bien, je crois qu’il a évolué en même temps que nous.

[JB] Certains sont venus au premier concert de CMS parce qu’ils aimaient bien The Victorians, mais je pense qu’au final, ces chansons-là on pourrait les faire à 5 dans un plus grand groupe. Ce serait très bien.

[MaximalMinimal] Et le nom «Call Me Señor», c’est un hommage à quoi ?

[JB] JB est né au Mexique, et voilà ça a suffit quoi (rires).

[MaximalMinimal] À en voir l’évolution du rock et de l’électro ces 10 dernières années, on a l’impression que ces deux genres avancent main dans la main, et que la frontière devient presque inexistante par moment. L’idée de mêler rock et électro, c’est venu naturellement pour vous ?

[JB] Le virage électro est venu d’un constat pour nous deux. On allait passer sur des boîtes à rythme, et pour prendre le virage à fond, on pensait aussi partir sur des claviers. Au final une chanson c’est quoi ? C’est des accords et une mélodie (rires), et après tu peux en faire quelque chose de plus électro, ou demain pour toi on peut jouer du reggae.

[Alex] Mais c’est vrai que le déclic, c’est qu’avant on était plus féroce. On voulait un son absolument naturel et rien sur CD qu’on ne puisse pas jouer sur scène. Et maintenant, si on a des pistes de batterie derrière, après tout, avec ça tu peux rajouter des arrangements, puis des claviers. Donc on a naturellement fini par faire des instrus bien plus électro qu’avant. Comme il y a une vraie différence avec le groupe de rock classique basse, deux guitares et une batteries, on s’est dit “tant qu’à changer ça, autant le faire complètement”. C’est l’opportunité en fait, parce qu’on aurait très bien pu prendre deux mecs pour jouer à la place.

[MaximalMinimal] La grande majorité des groupes rocks, alternatifs voire pop décident de chanter en anglais sur leur musique. Est-ce que pour vous ça a été un choix, ou quelque chose qui est venu naturellement ?

[Alex] Alors il y a plusieurs réponses à ça. La première c’est qu’on a eu des influences, et que beaucoup de ce qu’on a écouté a toujours été en anglais. Ça a toujours paru plus mélodieux et aussi plus facile. C’est pas pour autant qu’on considère les paroles comme faciles, parce qu’on passe beaucoup de temps dessus en les bossant bien. Et en même temps, les seuls artistes français que j’ai écoutés et appréciés sont presque inégalables. Je pense à Brel, Gainsbourg… donc si on se compare un peu, ça fait dur (rire).

[JB] Surtout que ce qu’on entend aujourd’hui en rock français, à part certains, c’est pas l’éclate… Les groupes, on peut le dire, de merde, les BB Brunes par exemple, et bien c’est pas excitant quoi. Ça freine, et t’as l’impression que les groupes qui chantent en français ont presque deux ans de retard.

[Alex] En plus, on a privilégié la sortie digitale. Donc on est pas disponibles dans les magasins mais seulement sur les plateformes digitales. Résultat, on a autant vendu aux USA qu’en France. C’est bien la preuve pour nous que ça aurait été vraiment dommage d’ignorer une partie du public.

[JB] Tu viens de citer Phoenix qui est vraiment une influence par exemple, si on pouvait avoir le même parcours, on cracherait pas dessus bien sûr.

[MaximalMinimal] L’actualité de Call Me Señor ?

[JB] Donc on a sorti notre EP “Oh La La”, qui est disponible sur iTunes, Amazone et toutes les autres plateformes. C’est clairement une première production dont on est assez contents. On fait ça vraiment tous les deux et ça nous appartient. Après on va commencer d’autres choses mais ça sera probablement différent parce que plus tard il y aura le producteur et tout le reste, alors que pour l’instant tout vient de nous.

[Alex] C’est là aussi que les groupes qu’on a eu par le passé, ça nous a quand même bien aidés. Avant on avait des enregistrements dégueulasses alors qu’on avait de l’aide, du matos et des ingés son. Maintenant on le fait presque à l’arrache et on maîtrise absolument tout. Malheureusement on est plus que deux, et la faute de goût peut arriver plus rapidement (rires).

[JB] On ne dit pas que c’est effrayant de perdre du contrôle sur nos productions futures, parce que c’est naturel et qu’en même temps on a l’envie de bosser avec des gens qui peuvent nous apporter quelque chose.

[Alex] En tout cas, c’est la première fois qu’on sort véritablement quelque chose, parce qu’avec les autres groupes on a toujours fait que de la scène. On a un vrai sentiment de “ça y est, on l’a fait”.

Donc ce serait dur de ne pas remercier Nico, Thomas et notre label Shakermaker.

[MaximalMinimal] Vous faites partie de ceux qui pensent qu’Internet et le téléchargement (légal ou illégal) sont un véritable gouffre pour la musique moderne, ou au contraire, que ça permet de mieux partager et de contribuer à son rayonnement ?

[Alex] Bien, 95% des téléchargements sont illégaux sur internet. Je pense qu’il y a deux niveaux : nous ça peut clairement nous servir, comme on est au début et qu’on cherche de l’exposition et des gens qui viennent à nos concerts, avoir tes chansons qui circulent, ça peut que t’aider. Mais après, le pire c’est quand t’es pas encore un grand groupe, t’es juste un groupe débutant entre les deux qui essaye de faire de l’argent avec.

[JB] Pour nous c’est un plus, mais arrive le moment où ça te coûte un maximum, entre le label et la production. Donc clairement si tu rentabilises pas, eux ils te virent et c’est tout.

[Alex] Je pense que la manière avec laquelle on vend de la musique a déjà commencé à changer. C’est bien d’une part de créer des modèles de business, My Major Company est le reste, mais après, si c’est que de l’argent, la production du frère de Goldman et que ça reproduit le schéma des majors, ça a pas tellement d’intérêt.

Au moins les gens ont le mérite de se bouger le cul. Je pense à Shakermaker, notre label, c’est un label indépendant qui a été créé pour une sortie digitale et fait sur-mesure pour notre groupe. Une manière pour nous d’être plus proches des gens qui nous écoutent.

[JB] De la même façon, le format de l’album à terme est moins intéressant que le format du single je pense. Les Beatles qui sortaient à un moment des singles toutes les semaines, c’est un concept qui me botte plus.

[Alex] Oui, je suis d’accord avec JB. Il n’y a pas trop d’intérêt à sortir un album avec 3 singles à l’intérieur et 5 brouillons à côté. Mais dans tous les cas il faudra sortir un album, parce que le public sacralise encore beaucoup l’album.

[MaximalMinimal] Qu’est-ce qui vous a le plus influencés musicalement ?

[Alex] The Cure, c’est pas du tout électro. Ça n’influence pas directement ma musique mais ce sont des trucs que j’écoute depuis tout petit. Tout est bon dans The Cure (rires). Aussi bien les mélodies, les instrus ou les paroles.

[MaximalMinimal] Qu’est-ce que vous écoutez en ce moment ?

[Alex] Le dernier Foals, tout l’album est un véritable plaisir à écouter. Le son est vraiment travaillé, sans te faire mal aux oreilles, et ça devient un peu bordélique sur la fin de l’album. Selon moi, ils ont vraiment eu du courage là-dessus, parce que c’est le genre de virage que la plupart des groupes ne se permettent qu’après le 3e ou le 4e album car ils préfèrent rester dans leur moule sur les premiers pour plaire au même public. Foals eux, ils n’ont pas pris ce parti là, ils sont allés s’enfermer dans une maison comme LCD Soundsystem, pour produire leur album, et en tant qu’artiste je respecte ça.

[JB] En ce moment moi j’écoute un truc qui est super mal produit mais qui est assez cool, c’est Darwin Deez. Il commence à être vraiment connu.

[MaximalMinimal] Votre meilleur souvenir sur scène ?

[JB] Pour moi c’est le truc qui se passe quand je suis sur scène et que je me retourne vers Alex. C’est difficile à décrire, mais quand tu joues face au public, t’as un peu l’impression d’être dans un œuf, seul contre le monde. Et c’est génial en live, quand ce monde là t’aime bien et que ton partenaire est là pour te supporter. Ça me donne envie de me déchirer.

[Alex] Quand c’est comme ça, c’est vrai que JB a vraiment peur de rien.

Nous remercions Call Me Señor pour cette interview.


19
juin 10

Interview : Mickey Moonlight

En marge du Cool Cats Weekend qui s’est déroulé les 5 & 6 juin au Point Éphémère, nous avons eu l’occasion de poser quelques questions à Mickey Moonlight. Le jeune homme, visiblement aussi peu loquace qu’il est étrange et talentueux, s’est malgré tout prêté au jeu de l’interview.

[MaximalMinimal] Bonjour Mickey Moonlight, qui es-tu et d’où viens-tu ?

[Mickey Moonlight] Salut, je suis Mike Silver et je viens de Londres, au Royaume-Uni.

[MaximalMinimal] Tu es très discret au sein de ton label, Ed Banger Records

[Mickey Moonlight] Je suis d’accord. Je suis content que tu dises que je suis discret. Je vois ma musique comme des visions fugitives et sans conséquences, qui vacillent… de potentielles distractions passagères… de petites expressions d’ambivalence cosmique… quelle importance ? L’univers est indifférent.

[MaximalMinimal] Travailles-tu sur des side projects ?

[Mickey Moonlight] Pas pour le moment, mais je produis d’autres artistes qui m’enthousiasment vraiment : Fimber Bravo (20th Century Steel Band), Lou Hayter (New Young Pony Club / The New Sins) et Hypnolove (Record Makers). Tous ces projets verront le jour très bientôt !

[MaximalMinimal] Comment décris-tu ta musique ?

[Mickey Moonlight] Science fiction exotica.

[MaximalMinimal] Que penses-tu apporter au label (Ed Banger Records), et que le label t’apporte-t-il ?

[Mickey Moonlight] Comme tous les artistes Ed Banger (selon moi), j’apporte un son et une vision distincts et uniques. Les gens d’Ed Banger sont les plus sympas que j’aie pu rencontrer. Ils mettent ma musique dans de fantastiques pochettes brillamment dessinées par So-Me et la distribuent aux jeunes gens.

[MaximalMinimal] Quels artistes, musicalement ou non, t’ont influencé dans la construction de ta musique ?

[Mickey Moonlight] Robert Anton Wilson (écrivain américain du XXe siècle, auteur de la trilogie The Illuminatus, ndlr), Kurt Vonnegut (écrivain américain de science-fiction du XXe siècle), J.G. Ballard (écrivain anglais de science-fiction mort l’an dernier).

[MaximalMinimal] Quels artistes recommandes-tu à nos lecteurs en ce moment ?

[Mickey Moonlight] Zongamin !

[MaximalMinimal] Un dernier mot ?

[Mickey Moonlight] Zongamin !

Merci à Matthias/Because Music. L’EP Love Pattern est toujours disponible sur toutes les plate-formes de téléchargement et chez les bons disquaires.


15
juin 10

Interview : Gentlemen Drivers

Vendredi, quelques heures avant leur show au Nouveau Casino, nous avons pris un verre avec les Gentlemen Drivers. L’occasion, à l’heure de la sortie de leur EP L’Arche, de discuter un peu avec eux !

[MaximalMinimal] Salut, pourriez-vous vous présenter ?

[Benoît] Moi c’est Benoît, du groupe Gentlemen Drivers. On se connaît depuis le collège avec Mica, on a fait tout notre parcours scolaire dans le même établissement et la même école de commerce. On a tous les deux 28 ans.

[MaximalMinimal] Comment avez-vous commencé un groupe de musique électronique ?

[Mica] J’avais commencé à mixer depuis un moment, j’ai voulu aller plus loin, donc j’ai commencé à bidouiller sur mon ordinateur. Vu qu’on était branchés musique depuis tout petits et qu’on en parlait beaucoup avec Benoît, on s’est dit que c’était l’occasion de faire un truc ensemble et de bosser tous les deux sur un projet.

[Benoît] On est aussi venus à la musique électronique par facilité !

[MaximalMinimal] Quelles ont été vos influences ?

[Benoît] : On a des goûts musicaux qui n’ont rien à voir avec ce qu’on fait. Mickael écoutait beaucoup de rock, moi j’écoutais beaucoup de rap (ça se voit ! ndlr), mais aussi toutes les musiques qu’on assumait moins quand on était jeunes : Supertramp, les Beach Boys ou les Beatles… Aujourd’hui on fait quelque chose qui ressemble un peu à tout ça.

[MaximalMinimal] Comment avez-vous réagi au fait d’être playlisté sur le sampler Trax, mixé par Pedro Winter, durant l’été 2008 ? (ce sampler, My French Touch 3.0, réunissait tous les artistes prometteurs découverts par le boss du label Ed Banger)

[Benoît] : Je ne garde même pas ça comme un souvenir, on sait que beaucoup de gens nous ont connus grâce à ça, mais on ne se rend pas tellement compte ! Ce sont surtout les remixes qu’on a fait avant ça qui nous ont fait avancer. Par exemple, un remix pour les Klaxons qui a fait un buzz malgré lui, sorti et interdit par le groupe au bout d’une semaine, mais il a vite tourné sur la blogosphère et certaines radios. Celui qui a fait le plus parler de nous c’est celui pour les Teenagers, qui est sorti sur Kitsuné sur leur maxi et la Kitsuné Maison 5 (un remix d’Homecoming, ndlr).

Le Trax, c’était cool car c’était Pedro qui faisait sa sélection, ça fait hyper plaisir, mais pour nous les sorties sur Kitsuné c’était un vrai truc concret, tandis que ça c’était plus comme un petit bonus et une reconnaissance d’un mec comme Pedro.

[MaximalMinimal] Qu’a changé pour vous la forte émergence d’Internet dans le milieu musical ?

[Benoît] On en a profité directement, on est arrivés à l’époque où MySpace était omniprésent, on était pas signés et on l’a tout de suite vu comme quelque chose de très positif : c’était rapide, efficace, spontané on avait des réactions hyper rapides. Aujourd’hui Myspace est mort, mais Internet reste un super moyen de se faire connaître dans le monde entier. C’est assez dingue, comme tout le monde, on a commencé par uploader un morceau pour rigoler, puis on a été contactés par des Américains, des Japonais, ça fait très plaisir ! Des gens te contactent à l’autre bout du monde pour te faire jouer dans leur pays, c’est assez fou.

[MaximalMinimal] L’avenir ?

[Benoît] Une Rolex ? (rires). Non, un prochain maxi à la rentrée (en septembre, ou octobre). L’album, c’est la concrétisation de tout ça, on y pense, on commence à y travailler.

[Mica] On fait ce qui nous plaît, c’est très plaisant de se dire qu’on va développer quelque chose sur le long terme, construire un univers, avoir un album pour objectif… C’est égoïste, mais on cherche d’abord à sa faire plaisir !

[Benoît] Si ça se trouve dans quelques années, on aura tout raté, on sera devenus cons, on aura des boulots, et on dira « à l’époque, je côtoyais Pedro…» (rires).

[MaximalMinimal] Et ce soir ?

[Benoît] On va mixer, comme d’habitude, se faire plaisir, faire plaisir aux gens, essayer d’être cohérents. On va essayer de faire danser sans turbines, et j’espère que les gens apprécieront !

Merci à Benoît (le plus bavard !) et Mica (le plus sérieux !) d’avoir répondu à nos questions. L’EP L’Arche est disponible sur Beatport, et, comme il tourne autour du thème du road trip, il sera de bon ton de le glisser dans son autoradio en route pour la plage.


20
mai 10

Interview: Ark

Ark, de son vrai nom Guillaume Berroyer, est le parfait mélange entre un jardinier et un inventeur fou. Il réussit à superposer dans ses compositions un son à la fois organique et technologique, futuriste même. Son dernier LP, Arkpocalypse Now, paru sur le mythique label allemand Perlon, en est la preuve concrète : on y remarque un subtil cocktail de techno, Chicago house, funk et R&B. Ark nous propose une version plus mûre de sa musique : c’est l’aboutissement d’un long parcours qui a commencé au milieu des années 1990 auprès de producteurs comme Pépé Bradock (avec qui il crée le groupe Trankilou), Mr. Oizo, ou encore le grand producteur anglais Matthew Herbert. Il a accepté de répondre à nos questions :

[MaximalMinimal] Présente-toi pour ceux qui ne te connaissent pas. Qui es-tu?

Un troubadour des temps modernes.

[MaximalMinimal] Tu as récemment sorti un album sur Perlon. Il me semble qu’il est plus mûr et réfléchi que les autres : quel est le concept derrière ? Et pourquoi avoir choisi Perlon ?

Cet album est plus travaillé dans le son et les compositions, il illustre l’évolution naturelle de mon travail. Après avoir fait beaucoup de projets sans concessions et assez compliqués, j’ai envie de faire des choses plus simples, plus accessibles tout en gardant ma touche personnelle et en restant fidèle à mes productions antérieures. J’ai choisi Perlon car j’aime ce label ainsi que son boss Zip, et puis j’y ai déjà sorti mon précédent album “Caliente” en 2005.

[MaximalMinimal] La plupart du temps, lorsque quelqu’un écrit une chanson en utilisant des samples de discours de présidents ou d’autres personnalités importantes, ça a souvent l’air un peu kitch. Ce n’est pas du tout le cas d’”Obamark”. Pourquoi une telle track ?

Pour Obamark, l’idée n’était pas de faire un anthem au Président des USA. J’ai juste trouvé le grain de sa voix bon et je l’ai utilisé très simplement comme je le fais avec beaucoup d’échantillons de voix ou autres sons…

[MaximalMinimal] Beaucoup te considèrent un des pionniers de la house/techno/minimale expérimentale en France : qu’as-tu à répondre à cela ?

C’est sûr qu’en 2010 je commence à être un vieux loup de mer !

Ceci étant dit, les étiquettes telles que “minimale” etc. je ne m’y reconnais pas trop : j’aime tellement l’éclectisme ! J’aime souvent dire que je fais de la “maximale” tellement les structures de mes tracks son alambiquées et qu’ils débordent de sons de partout !

[MaximalMinimal] Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique ? Pourquoi avoir choisi la musique électronique plutôt qu’une autre ?

J’évolue dans un univers musical depuis mon enfance. La musique m’a toujours passionné. Il était normal que je fasse ça et pas autre chose. J’ai commencé par faire de la guitare dans des groupes jusqu’en 1992, ensuite la musique électronique m’a permis de continuer mon parcours de manière autonome sans dépendre d’une formation ou de quoi que ce soit d’autre.

[MaximalMinimal] Que penses-tu de la musique électronique française ? Paris est-elle en “retard” par rapport à Berlin ou encore par rapport à Montréal ?

Je ne sais pas trop, je ne compare pas les villes entre elles. Et puis, aujourd’hui, beaucoup de Français, Canadiens, Anglais habitent à Berlin…. Depuis les années 2000, l’identité “nationale” en a pris un coup, avec Internet qui a aboli les frontières géographiques…

[MaximalMinimal] Quels artistes peu connus peux-tu conseiller à nos lecteurs ?

White Stripes ! Je plaisante… (rires)

Sans rire : Eddie Hazel grand guitariste de funkadelik entre autres qui a produit un album magnifique “Game Dames and Guitar Thangs”.

Dans les producteurs contemporains, je pense à Mossa, Dolibox et Le K qui sortent tous les trois leur album cette année…

[MaximalMinimal] Les rumeurs qui courent disent que tu es un dingue ? (notamment les rumeurs sortant de la bouche de Stephen Beaupré). Qu’en penses-tu ?

Dingue ? Je ne pense pas mais effectivement Stephen ainsi que toute la bande Mutek/ Musique Risquée m’ont rencontré à une époque où je manquais d’équilibre dans ma vie, ce qui ma foi n’est plus le cas aujourd’hui ! (rires !)

Des samples de l’album sont disponibles ici.

Merci à Ark, ainsi qu’à sa très chère copine Djamilla qui a rendu cette interview possible.

Arkpocalypse Now est disponible sur vinyle et CD (Catalog#: PERL79  & PERL79 CD)

Myspace d’Ark


16
fév 10

Ellen Allien – Watergate 05

Situé à Berlin, au bord de la rivière Spree, le Watergate est rapidement devenu l’un des clubs les plus célèbres de la capitale mondiale de la musique techno. Des programmations pointues et une installation lumineuse et sonore unique au monde ont assuré son succès, et cinq ans après son ouverture, il est à l’origine d’une série de compilations mixées dont la cinquième édition a été confiée à la DJ berlinoise la plus renommée : Ellen Allien.

Ce Watergate 05, de par sa construction, son rythme et sa dynamique, est une invitation à danser. La sélection, éclectique et inattendue, est un véritable voyage au cœur de toutes les influences rencontrées par Ellen au cours de sa carrière : on passe du très calme DJ Yellow au magistral Luciano, de Matias Aguayo à un remix d’Uffie, et même Brigitte Fontaine s’invite pour clôturer plus d’une heure de pure dance music, compilée dans le seul but de nous donner envie de danser. Au lendemain de sa sortie mondiale, Ellen a accepté de répondre aux questions de MaximalMinimal.

[MaximalMinimal] : Bonjour Ellen, pourrais-tu te présenter pour les rares personnes qui ne te connaîtraient pas encore ?

[Ellen Allien] : Je suis DJ, musicienne, créatrice de mode, boss de mon label BPitch Control et accro à la musique.

[MaximalMinimal] : Tu as grandi à Berlin et revendique haut et fort ton amour pour cette ville, qu’as tu ressenti en réalisant ce mix pour l’un de ses clubs les plus célèbres ?

[Ellen Allien] : Chaque jour, je réalise ma chance d’être née à cette époque dans cet endroit spécial. J’adore vraiment la vie nocturne ici à Berlin, tout comme sa diversité et sa force d’innovation. Tous les changements que cette ville a connu, et connaît encore aujourd’hui, me donnent l’impression de faire partie de quelque chose d’actif : être un acteur de la scène musicale berlinoise est quelque chose de très important pour moi car j’aime réellement cette scène…

[MaximalMinimal] : Watergate 05 est un mix vraiment éclectique (de Luciano à Brigitte Fontaine !) : envisages-tu toujours tes DJ sets de cette manière ? Est-ce le résultat des influences nombreuses que tu as accumulées au cours de ta très longue carrière ?

[Ellen Allien] : Ce mix est le reflet de mes DJ sets : électronique et mélodique. Je travaille en ce moment sur mon nouvel album, Dust, et on peut vraiment sentir combien de genres différents j’essaye d’assembler et de rassembler en un tout : j’utilise des instruments acoustiques, ma voix, mais aussi des instruments analogiques et digitaux. Je veux être capable de naviguer d’une musique à l’autre, sinon je m’ennuie rapidement. Un DJ set, c’est quand même différent de mes propres productions : mon nouveau single Pump sortira en mars, et c’est vraiment quelque chose de très techno. Cependant, dans mon nouvel album je joue beaucoup plus avec la musique…

[MaximalMinimal] : Bien qu’il soit varié, c’est un mix très cohérent : il semble évident que tu n’as pas simplement mixé plusieurs morceaux à la suite. Réfléchis-tu à une sorte de “concept” chaque fois que tu mixes ? Lequel est derrière ce Watergate 05 ?

[Ellen Allien] : Quand je joue, je choisis seulement des morceaux qui me vont à 100% droit au cœur. La sélection est très importante. J’active mon filtre “Allien” et le mix se transforme en une sorte d’émission de radio pour moi. Au début, ça ressemble à un set dans un club. Ensuite, je commence à introduire de plus en plus de mes morceaux préférés du mois de décembre. L’idée derrière ce mix est de vous donner l’idée d’aller dans un club, de vous exciter et de vous stimuler. En fait, tout ce que je voulais faire c’est un mix “frais” qui donne faim de clubbing.

[MaximalMinimal] : Ce mix est également optimiste et joyeux, est-ce l’effet que tu souhaitais avoir sur tes auditeurs ?

[Ellen Allien] : J’ai essayé de le faire groovy, et d’éviter une atmosphère sombre. C’est un encouragement pour commencer à danser dans un club.

[MaximalMinimal] : Cela fait presque 20 ans que tu es dans la musique électronique : quels changements as-tu remarqué sur la scène en général, et plus précisément dans la profession de DJ ?

[Ellen Allien] : Ca fait 17 ans…hahaha ! Aujourd’hui, être DJ, ce n’est plus seulement passer quelques disques et les mixer, les DJs sont également les producteurs de musique club. Pas toujours, bien sûr, mais très souvent. Le mix est quelque chose de social qui réunit les gens. Les DJs doivent donc être de bons producteurs, mais aussi créer des émotions et faire danser les gens.

[MaximalMinimal] : En tant que créatrice de label, productrice et DJ, tu dois découvrir de nombreux artistes talentueux chaque année. Lesquels recommandes-tu à nos lecteurs ?

[Ellen Allien] : Vampire Weekend est un groupe sympa. J’aime aussi Charlotte Gainsbourg, Seth Trxoler, We Love (une nouvelle signature de BPitch Control, leur album sortira en septembre) et Jahcoozi.

Watergate 05 est disponible sur Beatport en digital et Amazon en physique.

Tracklist :

01. DJ Yellow – Lost
02. John Tejada – The End Of It All
03. Lump – Music Lover
04. Luciano – Celestial
05. Niconé & Sascha Breamer – Nur Ma Kurz (Phillip Bader remix)
06. Audiophungz – Pretending
07. Aerea Negrot – All I Wanna Do
08. Dark Unknown – The Dark (Black mix)
09. Juno 6 – Action 2
10. Matias Aguayo – Bo Jack (Vocal mix)
11. Alexi Delano – Molar One
12. Röyksopp – This Must Be It (Apparat remix)
13. Uffie – Pop The Glock (Ellen Allien remix)
14. Agf/Delay – Connection (Hearthrob remix)
15. Margaret Dygas – Hidden Form View (Hidden Nsi. mix)
16. Brigitte Fontain & Khan – Fine Mouche (Original Tango Piano version)


8
fév 10

Ripperton, Niwa

Si la Suisse évoquera à certains les sphères horlogères ou financières, nous pencherons plutôt pour l’excellence musicale. Ainsi, non contente d’être le berceau de projets estimables tel que The Mountain People ou d’excellents labels comme Cadenza, elle est aussi celui du premier grand album électronique de 2010. Produit par Ripperton et édité par le label Green, Niwa est simplement beau et intemporel.

Un tel album ne jaillit pas par magie, sorti de nul part. Derrière cette pièce d’orfèvre se cache un producteur discret qui a patiemment tissé son univers sonore, aussi bien sur de petites structures qualitatives à l’instar de Sthlmaudio Recordings que sur de prestigieux labels tel que mule electronic. Mêlant d’innombrables influences, Niwa, qui signifie jardin en japonais, possède ainsi une couleur personnelle et empreinte d’émotions dont la nature semble bien être le fil conducteur.

Cet album nous ayant profondément plu, nous avons souhaité adresser quelques questions à son auteur, dont voici les réponses pleines de sagesse :

[MaximalMinimal] : Pouvez-vous, en guise d’introduction, vous présenter brièvement à nos lecteurs qui n’auraient pas encore eu l’occasion de découvrir votre musique ?

[Ripperton] : Volontiers, je m’appelle donc Raphaël, Ripperton de mon surnom. Je vis en Suisse dans une petite ville de 200 000 habitants qui se nomme Lausanne. J’ai trente-trois ans et ai commencé ma carrière de DJ au début des années 1990, dans un style plutôt Chicago house ainsi que garage. J’ai fais mes débuts de producteur vers 1996 en achetant un vieux synthétiseur Roland bien vintage et une Akai MPC3000.

[MM] : Il semble évident à l’écoute de Niwa qu’il ne s’agissait pas ici de regrouper une quinzaine de productions sans cohérence entre elles mais bien d’un ensemble mûrement réfléchi et travaillé, quel est le concept derrière cet album ?

[Ripperton] : Exactement, le format album est très intéressant et trop souvent sous-exploité dans la musique électronique. L’envie de faire un album solo m’a toujours enthousiasmé mais c’est autrement plus intrusif que de faire un EP, ça a grandi en moi durant ces dernières années. Je pense que faire un album étant plus jeune aurait sans doute été une erreur. Il a mûri dans ma tête durant ces dernières années et un beau matin… Non, sérieusement, j’avais envie de faire des morceaux plus personnels, plus profonds et plus originaux aussi. D’aller au studio avec une envie de m’amuser, d’explorer. Voilà sûrement la vraie essence de cet album, le plaisir. Je me suis limité à certains équipements pour garder une homogénéité dans l’ensemble.

[MM] : Vous avez visiblement eu accès et été exposé à beaucoup de musiques différentes au cours de votre vie, et notamment en travaillant chez Tracks. Nous pouvons en effet en juger par la trace laissée par de multiples influences dans l’univers extrêmement particulier de Niwa ?

[Ripperton] : Oui et c’est assez difficile de le gérer parfois. J’aime beaucoup la musique en général, sans distinction aucune. Je recherche simplement de l’émotion. Je suis ne suis pas en train d’écouter de la techno toute la semaine chez moi, ce serait même plutôt l’inverse. Il y a tellement de belles choses partout que ce serait bête de se priver. La musique me nourrit, plus que la littérature, plus que la peinture ou que toute autre forme d’art. C’est vraiment ce qui me remonte quand rien ne va plus.

[MM] : Vous n’êtes pas seulement producteur mais également DJ, cet éclectisme se retrouve-t-il également dans vos DJ sets ?

[Ripperton] : Tout à fait, c’est même une caractéristique essentielle de mon envie de djing. Il est difficile de faire plus ennuyeux qu’un DJ qui passe le même style de musique toute la soirée. On pourrait appeler ça le « top 10 beatport effect », si en plus c’est beatmatcher par Traktor, alors là, c’est le « top de l’angoisse ». Pour moi, un DJ set c’est comme un océan, c’est vaste,  ça prend du temps pour être apprivoisé, ça vient par vagues et suivant les jours cela peut être très puissant ou un peu plat.

[MM] : Il semblerait également que la nature occupe une place privilégiée dans votre univers. De quelle manière cela impacte-t-il votre manière de concevoir et produire de la musique ?

[Ripperton] : Vivant en Suisse ce serait difficile de ne pas être influencé par elle. Les montagnes, la verdure, les petits coins perdus, les parcs, les jardins… C’est très important pour moi, c’est peut-être aussi ce qui fait que je ne suis jamais parti à l’étranger. J’ai un parc juste derrière mon appartement. Il est grand et vraiment magnifique, plein de petits recoins cachés, magiques. Même la nuit je le sens, il est là, tapi dans l’ombre, il émet quelque chose tout le temps. C’est très agréable. J’ai d’ailleurs fait tous les « field recordings » là-bas pour les divers interludes entre les morceaux de l’album. Je suis aussi très fier du design de l’album, c’est Paul Swagerman, de Green, qui l’a dessiné, photographié et réalisé. On a longuement parlé ensemble, de mes passions, de BDs, partagé des photos, des liens internet. Un matin (encore un !), j’ouvre ma boîte mail et tout était là. J’étais soufflé, c’est la première fois de ma vie que quelqu’un avait fait mieux que tout ce que j’avais pu imaginer ou rêver. Je dois dire que ce fut un matin assez grandiose.

[MM] : D’autre part, le matériel utilisé pour sa conception explique peut-être aussi cette couleur particulière ?

[Ripperton] : J’ai travaillé avec deux musiciens qui sont aussi des amis très proches : Cicco pour les percussions et le hang ainsi que Germain Umdenstock pour les basses et les guitares qui peuplent l’album. Je voulais quelque chose de très brut, d’organique. J’ai donc utilisé beaucoup de sons que j’ai enregistré avec mon micro Neumann. Des toys africains, des shakers, des sons de bouteilles en plastique, etc. Tout ce qui me tombait sous la main en fait. J’ai aussi produit les deux morceaux chantés de l’album avec la chanteuse Christina Wheeler de New York qui vit à Berlin. Quand je suis allé dans son studio pour finir les enregistrements, j’ai déménagé toutes mes affaires pour garder un son homogène sur toutes les parties. Le morceau Des Promesses De Couleurs contient un poème qu’avait écrit mon amie Masaya en espagnol. Dans ce projet très personnel, je n’ai travaillé qu’avec des gens qui me connaissent par cœur, qui me comprennent et me suivent dans une voie peut-être pas toujours évidente, loin de leurs repères habituels.

[MM] : La liberté qu’offre le format album vous a-t-elle amené à explorer des horizons vraiment différents de ceux envisageables lors de la production d’un EP ?

[Ripperton] : Complètement différent. Un EP de musique électronique contient toujours un côté dancefloor. C’est le propre de l’EP d’être joué en club. L’album, pour moi, c’est un truc un peu égoïste, personnel. Je n’ai pas franchement pensé une seule fois au clubbing en le faisant. Il m’a fallu pratiquement deux ans et demi pour mener à bien ce projet – j’ai eu une petite fille entre temps (dont le morceau Leonor’s Lanugo est inspiré) – et l’album était à 90% terminé avant que je cherche un label pour le sortir, je ne voulais pas être influencé.

[MM] : Justement, vous possédez votre propre label, pourquoi sortir cet album sur celui de Joris Voorn et Edwin Oosterwal ? Doit-on s’attendre à d’autres sorties de votre part chez Green ?

[Ripperton] : Je suis un peu paresseux et, pour être honnête, je ne me voyais pas tellement faire la promotion de mon album moi-même. J’avais besoin d’une deadline pour le finir sinon j’y serais surement encore. J’ai envoyé le projet à deux gros labels, qui ont répondu positivement. Mais, après réflexion, je n’avais pas vraiment envie d’être la release n°6297 de la trente-septième semaine. Je voulais le sortir avec des gens qui l’aimeraient vraiment pour ce qu’il est, non pas pour le pouvoir commercial du projet ou de mon nom. Je l’avais aussi envoyé à Joris avec qui j’ai un très bon contact depuis notre rencontre il y a quelques années. Un jour, il me dit « Si tu veux, moi,  je le sors volontiers ton album, je le trouve très intéressant musicalement, ça me parle et je veux essayer de nouvelles directions avec Green », ça paraît bête mais pour moi ça fait toute la différence. J’aime la simplicité des rapports entre deux personnes qui ont la même sensibilité. Joris m’a bien aidé pour finaliser l’album, j’étais un peu dans le brouillard sur la fin, je n’entendais plus vraiment les morceaux après tant d’écoutes. On a bien bossé pour finaliser le tout, définir le tracklist, raccourcir ici et là. Puis Edwin a pris les choses en mains pour toute la logistique. C’est un peu une famille et une dream team en même temps. Je me sens très chanceux d’en faire partie. Et pour répondre à votre question, je ne vois aucune raison de ne pas sortir d’autres choses avec eux dans le futur, comme tout se déroule magnifiquement bien.

[MM] : Vous mixez depuis les années 1990, quel regard portez-vous sur l’évolution de la scène électronique de manière générale depuis cette époque ? La mélancolie et la nostalgie qui se font ressentir sur Niwa sont d’ailleurs peut-être déjà des éléments de réponse ?

[Ripperton] : Absolument mais en même temps, je trouve que nous vivons une époque très intéressante ! Toute cette musique, disponible partout, toute cette liberté, tout le monde a sa chance. C’est sûrement la plus grande différence avec les années 1990. Un studio professionnel pour chacun, et une distribution à la portée de tous. Le seul vrai problème, c’est la diversité. Il n’y en a plus beaucoup. À croire que la pensée unique existe aussi en musique. J’ai la chance (ou la malchance) de recevoir en promotion une bonne partie de ce qui sort chaque semaine dans le monde, et malheureusement ce qui pourrait sembler être une partie de plaisir se transforme rapidement en vrai calvaire. Je conclurais en pensant que malheureusement quantité ne sera jamais synonyme de qualité. Et si je peux donner un conseil aux débutants, n’ayez pas peur de sonner différemment, même si ça vous paraît bizarre, copier n’a jamais donné quoi que ce soit d’intéressant. L’inspiration et la copie sont quand même deux choses qu’il faut absolument distinguer. Pour trouver un son il faut du temps, des années.

[MM] : Vos voyages aux différents coins de la planète doivent vous permettre de découvrir une diversité d’artistes intéressants et talentueux, quels seraient les noms que vous conseilleriez à nos lecteurs de suivre cette année ?

[Ripperton] : C’est même un moteur pour moi et mon label Perspectiv. La plupart des belles rencontres musicales finissent en EP sur le label. Je viens de rentrer d’Australie la semaine dernière, où j’ai joué avec Christian Vance, un autochtone absolument sidérant que j’avais déjà signé sur le label l’année passée lors de ma première tournée là-bas. C’est du Détroit 2010, c’est juste beau. Sinon, je suis très impressionné par October qui vient de Bristol, les canadiens Jonny White, James Teej & Kenny Glasgow : c’est très frais et très funky, ou encore par le duo Eve White de Hambourg. Je suis aussi très producteurs suisses comme mes amis Chaton, Dachshund, Agnès, Quarion, Masaya, Van Haï, St Plomb ou Crowdpleaser. Je suis toujours surpris de voir à quel point ils sont talentueux et originaux, c’est très inspirant.

Un grand merci à Ripperton pour le temps qu’il nous a accordé.


23
oct 09

Claude VonStroke, l’interview

À l’occasion de la sortie de son second album Bird Brain qui sort aujourd’hui sur dirtybird, nous avons eu le plaisir et la chance d’interviewer Claude VonStroke. Fidèle à lui-même, le producteur californien réussit une fois encore le pari audacieux de produire une musique destinée tant aux oreilles les plus exigeantes qu’aux novices en la matière. Convaincus que vous prendrez autant de plaisir que nous à découvrir cet album, nous avons jugé plus judicieux de lui poser quelques questions :

MaximalMinimal : Tu as grandi à Detroit, dont on ne présente plus le rôle essentiel dans le développement de la musique électronique, est-ce que cela a été une grande source d’inspiration tout au long de ta carrière ?

[Claude VonStroke] : Je suis né à Cleveland, dans l’Ohio, puis j’ai déménagé dans la banlieue de Detroit quand j’avais environ 12 ans. On peut donc légitimement penser que cela a eu une forte influence sur moi mais j’écoutais surtout du hip-hop à l’époque à vrai dire, mais on pouvait entendre de la musique électronique à la radio, contrairement à de nombreuses autres villes des États-Unis. J’ai donc sûrement été exposé plus tôt que d’autres à cette culture mais je ne peux pas vraiment dire que cela ait été une grande source d’inspiration.

MM : Ton label Mothership, créé en 2007, donne un large pourcentage de ses bénéfices à une école de musique pour enfants à Detroit. Est-ce une continuité de dirtybird, ton premier label, ou bien est-ce un projet complètement différent ?

[Claude VonStroke] : C’est un projet totalement différent, qui est en concurrence avec certains labels house et techno européens, tandis que dirtybird est bien plus américain et est bien moins concurrencé puisque la plupart des gens qui bossent dans la musique électronique vivent en Europe et ne savent pas comment faire ces sons bien gras directement inspirés du hip-hop puisqu’ils ne sont pas issus de cette culture. Ainsi, Mothership est aussi plus difficile à faire tourner pour moi car je n’ai pas grandi dans la culture électronique donc je dois travailler plus dur pour réaliser de bons morceaux, je pourrais presque dire que je suis novice en matière de sons européens à vrai dire.

MM : Deux morceaux de ton précédent album, Beware Of The Bird, sont devenus célèbres, notamment Deep Throat qui a très bien fonctionné en Allemagne, en Italie et en Belgique, t’attendais-tu à un tel succès ? Si oui, penses-tu que certains morceaux de Bird Brain connaîtront le même destin ?

[Claude VonStroke] : Je n’ai pas du tout imaginé cela la première fois et maintenant, je n’ai aucune idée du succès ou non de mes nouveaux morceaux. J’apprécierais évidemment que cela recommence mais je suis tout simplement heureux de produire des morceaux ayant cette touche personnelle. Elle ne plaira sûrement pas éternellement mais j’aime ce que je fais d’autant plus que je n’ai jamais essayé de copier qui que ce soit.

MM : Bird Brain sort trois ans après Beware Of The Bird. As-tu travaillé sur Bird Brain, un exercice bien différent d’un EP ou d’un remix, pendant tout ce temps ?

[Claude VonStroke] : En 3 ans, j’ai remixé 25 morceaux, créé un nouveau label, produit différents EPs, voyagé aux quatre coins du monde et réalisé une compilation pour la Fabric. Je ne peux donc pas dire que mon travail était focalisé sur mon album durant tout ce temps. En réalité, j’ai dû travailler sur Bird Brain pendant 8 mois environ.

MM : La plupart des artistes qui ont mixé les compilations de la Fabric sont généralement des pointures. Quel est ton ressenti après avoir sélectionné une compilation pour eux ?

[Claude VonStroke] : C’est vraiment une chose que je suis content d’avoir réalisée. C’est très intéressant d’être dans un tel groupe, cela signifie : “Cet artiste est un réel acteur de la scène électronique alors donnons-lui sa chance !”

MM : En véritables dénicheurs de talents, tes labels ont permis à de nombreux artistes tels que Catz ‘N Dogs ou Style Of Eye d’exploser sur la scène mondiale. Si tu devais nous donner quelques noms qui s’apprêtent à monter en flèche, quels seraient-ils ?

[Claude VonStroke] : Tout ce petit groupe d’artistes allemands que j’adore : Heinrichs & Hirtenfeller, Sascha Braemer et Philip Bader. Ce qu’ils font est vraiment bien.

MM : Récapitulons : le nom d’un de tes labels est dirtybird, ton nouvel album s’appelle Bird Brain et le premier Beware Of The Bird. D’où te vient ce fanatisme pour les oiseaux ?

[Claude VonStroke] : Il n’y a pas de véritable raison, ils me font tout simplement rire…

Merci à Claude VonStroke d’avoir répondu à nos questions.


28
sept 09

Interview Vitalic

Le jour même de la sortie de la sortie de son nouvel opus Flashmob, le légendaire Pascal Arbez-Nicolas, alias Vitalic, a accepté de répondre aux questions de MaximalMinimal :

MaximalMinimal : A l’écoute de ton Disco Terminateur EP, certains de tes fans ont regretté un changement de direction trop brutal. Que pourrais-tu leur répondre ? Penses-tu avoir pris un virage important par rapport à 2005 ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Je ne sais pas s’ils ont regretté ou non. Je sais que, ce qui aurait été très regrettable, c’est de ne pas évoluer. Il faut savoir se détacher de son image pour avancer, et il y a parfois un peu de casse. Ce n’est pas grave, j’en prends le risque. Si j’avais à chaque fois écouté les fans, je crois que j’aurais fais quelques belles erreurs. Je ne sais pas si le rôle d’un musicien est de toujours donner au public ce qu’il attend. Les spécialistes des follow-up passent de toute façon à la poubelle en ne prenant aucun risque.

MM : Ton premier opus OK Cowboy a marqué toute une génération de musique électronique française et est encore plébiscité par tes fans dans le monde entier. A la veille de la sortie de FlashMob, ressentais-tu une pression spéciale par rapport à cela ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Flashmob vient de sortir ce jour. Il y a toujours une pression quand il s’agit de dévoiler au grand jour un travail d’un an, et aussi celui de plusieurs équipes, qui interviennent dans la fabrication du disque, puis du live. La pression était similaire à celle d’OK Cowboy. Je pense que c’est une sorte de trac bien naturel. Si je n’en avais pas du tout, ça voudrait dire que je ne suis pas attaché à ce que je fais. Mais OK Cowboy est loin, je n’y fais plus référence en fait.

MM : Pourquoi avoir attendu si longtemps avant cette nouvelle sortie ? Avais-tu cessé de produire durant tout ce temps ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Oui, presque. Je n’ai fait que jouer live ou prendre du bon temps. C’est comme ça. Cette question est récurrente et je la trouve assez naturelle, mais je n’ai que cette réponse…

MM : Tu sembles également évoluer dans un nouvel horizon graphique, entre l’affiche de ton live et les pochettes de l’EP et de l’album. Qui en est à l’origine ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : C’est une équipe Suisse, DIY, qui s’en est chargée, épaulée de Thomas Further, le webdesigner de Citizen. J’ai voulu tout changer, de la musique à l’univers graphique. Ça fait partie de l’évolution. Je suppose que tout cela sera encore différent pour le troisième album. Je n’ai plus les mêmes envies, je n’écoute plus les mêmes choses et je ne suis plus tout à fait la même personne qu’il y a cinq ans. Je trouve que cela fait partie du jeu de tout recommencer à chaque fois, avec des personnes qui amènent de l’eau à ton moulin, que ce soit pour le mixage ou les pochettes. C’est ludique et ça met un coup de jus.

MM : Tu as dévoilé ton nouveau live en juin dernier. Quelles ont été les premières réactions : les tiennes, celles du public et de ton entourage ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : En juin, le live n’était pas encore assez évolué. Nous avons tous trouvé qu’il y avait une bonne base mais des choses à revoir. Nous avons cherché des directions, du contenu… Il arrive maintenant à un bon stade, mais il est destiné à évoluer sans cesse, puisque c’est une base déclinable et augmentable à l’infini. Il sera certainement bien différent l’été prochain. Les dernières dates, Dijon et Scopitone à Nantes, ont été terribles.

MM : Après avoir tout connu ou presque en tournée autour du monde, l’excitation est-elle la même au moment de défendre un second album devant ses fans ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Oui, je suis très excité. Justement parce que tout est nouveau. De la musique au set-up… c’est la répétition qui tue, et là c’est juste le commencement… Les gens qui m’entourent comptent aussi énormément dans cette excitation, des techniciens, à Exyst, au Tourman…

Vitalic est actuellement en tournée dans toute la France et sera à l’Aéronef de Lille le 21 novembre. Son album Flashmob est disponible depuis aujourd’hui en téléchargement légal et chez tous les bons disquaires.


4
juil 09

Interview Breakbot

Quelques temps après sa signature chez Ed Banger Records, Breakbot, l’un des producteurs les plus mystérieux et les plus talentueux de France, a accepté de répondre à nos questions.

Maximalminimal : Bonjour Breakbot. Tu sembles être quelqu’un de très discret. Peux-tu te présenter brièvement ?

Breakbot : Hello ! Je m’appelle Thibaut, j’ai 27 ans et j’habite Paris.

MM : Peux-tu en dire plus sur ce personnage que tu as créé ? Est-ce qu’il te sert de “masque”, à garder une certaine distance avec ton public, ou est-ce une simple réminiscence de ton passé de graphiste ?

B : C’est un peu mon alter-ego, une version idéale de moi. J’aime son sourire figé, à la fois naïf et franc. Il me sert effectivement à garder une certaine distance, mais cet aspect n’est pas forcément réfléchi. En tout cas il m’amuse beaucoup et je compte bien développer son univers !

MM : Tout le monde te savait proche du crew Ed Banger depuis longtemps, que va réellement changer cette signature pour toi ?

B : Je pense que ça change beaucoup de choses. Pedro me laisse la liberté de faire ce qui me plaît, et son enthousiasme m’aide beaucoup à avancer. C’est très rassurant d’être sur ce label, je me sens forcément moins isolé.

MM : De qui te sens-tu le plus proche dans l’équipe ?

B : Justice a joué un rôle important dans ma culture musicale, ils m’ont fait découvrir beaucoup de trucs, et leur approche de la musique m’a beaucoup influencé.

MM : Quand on signe chez Ed Banger, est-ce qu’on peut s’acheter un gros 4×4 et dîner au tous les jours au restaurant ou alors ce genre de trucs est réservé à Xavier et Gaspard ?

B : Mais mec je t’écris depuis le château de Breteuil que j’ai acquis récemment avec l’avance que j’ai reçue. C’est un endroit calme, vert, idéal tant pour la création que pour les réceptions.

MM : La plupart de tes remixes sont des commandes : selon toi, est-ce que l’argent et l’obligation d’un résultat changent quelque chose à l’approche artistique que l’on a d’un morceau ?

B : “L’obligation d’un résultat” est une chose qui me convient bien. J’ai beaucoup de mal à terminer un morceau, avoir un délai fixé m’oblige à le faire.

MM : Tu sembles aimer les sonorités rétro. Où puises-tu ton inspiration ?

B : Je suis très curieux. J’adore la pop culture du 20ème siècle, des Beach Boys à Kubrick, c’est un siècle très riche artistiquement.

MM : As-tu l’impression d’être souvent là où l’on ne t’attend pas, dans un univers où tout le monde se copie ? (Je pense à ton remix pour Metronomy, où tu as ralenti le morceau à l’extrême, quand n’importe qui se serait contenté de le rendre jouable en club)

B : J’ai du mal à percevoir ce que les gens attendent, et je t’avoue que si je fais de la musique c’est avant tout pour m’amuser. Par ailleurs je copie beaucoup aussi…

MM : Quel est le dernier truc que tu as écouté ? Qu’est-ce qui te plaît en ce moment ?

B : Il y a un track qui s’appelle Rubin sur Gigolo que j’entends beaucoup en club en ce moment, je le trouve vraiment chouette, c’est simple et funky. J’ai bien kiffé le nouvel EP de Cassius. Sinon j’écoute toujours beaucoup de disco.

MM : Quelles seront tes prochaines sorties ?

B : Quelques remixes en préparation, un EP pour la rentrée, et un album pour 2010.

Merci beaucoup Thibaut d’avoir pris le temps de nous répondre, et de rester un personnage discret et modeste malgré ton succès !