
Il est minuit tout juste, et l’EP Pets Dance du désormais solitaire SPA sort en CD et digital ce mardi 24 février, trois semaines après sa sortie vinyle. Sensation du label de Steve Aoki, Dim Mak Records, SPA revient, entre autres, sur les clichés et critiques véhiculées à son sujet, de manière très intelligente.
Maximalminimal : Bonjour SPA, présentez vous pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore.
SPA : SPA a démarré vers août 2007. Au départ nous étions deux, avec une envie commune de faire de la musique. L’aspect instinctif et transcendantal de la musique électronique en général, et des premiers morceaux produits en particulier, nous a naturellement guidés vers cette connexion musique/animalité. Nous avons un temps porté des masques pour illustrer ce parti pris artistique, ce n’est plus le cas. Nous avons un temps été deux : B1 mon ancien acolyte et co-fondateur du projet, qui se chargeait plus de la partie scénique, et moi qui m’occupais essentiellement des morceaux, j’ai continué seul pour focaliser le projet sur ce qui dedans a du sens et peut le faire évoluer.
MM : Du temps où vous étiez deux, j’ai pu lire quelques critiques vous présentant comme “un duo masqué de plus” après les Daft Punk ou encore les Bloody Beetroots… qu’est-ce qui vous rend uniques ?
SPA : Il s’est créé un fossé entre la cohérence musicale et l’aspect visuel d’SPA. Les morceaux peuvent se permettre d’être cheap, ça se marie plutôt bien avec la violence sonore, et disons que l’instinct ne s’embarrasse pas toujours de perfectionnisme par définition, et la musique reste le but premier du projet. Donc les morceaux sont la base. L’aspect visuel est censé enrichir cette base. Le problème avec les masques, en particulier ceux d’animaux, est qu’ils focalisent l’attention bien plus qu’ils ne le devraient au risque de supplanter la musique. Je me suis retrouvé à cet endroit précis où la cohérence visuelle et sonore me semblait de moins en moins évidente, et où pour y remédier il m’aurait fallu fournir un travail et du temps qui, à mon sens, devaient être investis dans la musique.
La seule base qui me semble présenter un intérêt est cette approche instinctive de la musique qui guide toute la construction de mes morceaux. L’aspect visuel actuel est un équilibre entre les différents codes basiques qui l’influencent. C’est très minimaliste, à l’image de Pets Dance et Dumbo. Sur Dumbo il y a trois instruments. Pour les visuels il y a du rouge, du noir et du blanc, ça restera le code couleur car ça illustre bien l’atmosphère de ma musique, violente simple directe, sans effets de sophistication pompeux. Je veux rester sur un univers visuel qui accompagne la musique simplement, tout depuis la page jusqu’au teaser est construit sur des blocs élémentaires qui font écho à l’échantillonnage ou l’aspect numérique de la musique électronique. Ça c’est pour la base, ensuite les codes du teaser sont là pour lancer des pistes. J’aime l’idée de pouvoir identifier un artiste à un son, même si le plus souvent c’est grâce à une construction sonore que tu identifies un artiste. C’est dans cette démarche que j’ai produit ce son caractéristique sur le teaser, qui a plus ce côté guttural et organique que synthétique.
MM : D’où venait ce délire de coupler des masques d’animaux à des Shutter Shades ?
SPA : C’est assez anecdotique et ça fait partie des choses que je veux désormais éviter : associer l’à peu près au non sens pour un résultat digne des meilleures séries Z.
MM : Comment s’est passée votre rencontre avec Steve Aoki et le crew Dim Mak Records ?
SPA : Cela s’est passé début 2008. Steve Aoki est tombé sur Pets Dance alors que Busy P le passait dans une soirée, après que Gaspard Augé lui ait fait découvrir.
MM : Ce label a signé les artistes les plus musicalement violents de la scène électronique actuelle, pensez-vous que cela conditionnera encore un peu plus votre son?
SPA : J’ai la prétention de croire que certains labels choisissent encore leurs artistes parce qu’ils pensent que ces derniers vont leur apporter quelque chose de plus que le fait de grossir leurs rangs.
Steve a signé SPA parce que le son lui plaisait, il a entendu plusieurs morceaux faits à différentes périodes et a dû se dire en extrapolant que cette évolution lui convenait, et que ça devait valoir la peine de tenter le coup.
MM : Votre EP “Pet’s Dance” ne sort que maintenant alors que le morceau s’échange sur les blogs depuis déjà un bon moment. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
SPA : Le label a un calendrier assez chargé et sortir un maxi ne se limite pas, à mon sens, à prendre un morceau et le balancer sur une plateforme payante ou balancer des remixes sur des blogs. Je suis assez attaché au vinyle, et le fait que Pets Dance sorte en vinyle est une vraie satisfaction personnelle. Dumbo apporte autre chose que Pets Dance et les remixes également. Quand tu ajoutes tous ces éléments ça justifie le fait d’attendre un peu avant de sortir un disque, afin de pouvoir l’assumer pleinement.
MM : Comment avez-vous vécu le fait de vous faire remixer par des mecs qui vous ont influencés et étaient sur cette scène dès le début (Steve Aoki & Bloody Beetroots) ?
SPA : Il vaut mieux oublier ces histoires de scène, et se concentrer sur le continuum musical qui, lui, a un sens. Ensuite on peut voir le remix de différentes manières. Je trouve que les remixes sur le maxi se complètent parfaitement et étoffent très bien la portée du maxi. Que se soit Les Petits Pilous, Les Bloody Beetroots et Cécile, Steve Aoki, je pense que tout le monde a aimé faire ça, et je les en remercie.
MM : “SPA’s music is being compared to a psycho-active substance”… En effet, c’est la première impression que donnent vos morceaux. Est-ce que vous composez vous-mêmes sous psychotropes ?
SPA : C’est le fait de produire de la musique qui est psychotrope. Tu peux passer des jours sur un morceau qui ne deviendra rien et pondre un truc acceptable en 5 minutes, mais l’état dans lequel tu te trouves dans les deux cas n’a rien de banal, c’est assez fou.
MM : Quel matériel (harware/software) utilisez-vous pour composer ?
SPA : Pour composer, Live et Reason exclusivement, car je ne sais me servir de rien d’autre.
MM : Quel est votre meilleur souvenir live ?
SPA : Un set à Londres il y a un an, on mixait entre les groupes et à la fin toute la salle est venue nous voir, c’était assez dingue.
MM : Quels sont vos coups de cœur (morceaux, artistes,…) du moment ? Et vos influences de longue date ?
SPA : J’ai mixé récemment avec Art Whiplash qui a des idées intéressantes, sinon Roÿksopp, le dernier maxi de Oizo Pourriture est très bon, son meilleur depuis Nazis, et pour finir Château Marmont qui devraient vite exploser. Pour les réf de longue date Smith’n'Hack, Material, I-F, Dopplereffekt, Zongamin & Flesh Records, Down Low Music, Zoot Woman – Living in magazine (Paper faces remix), B.W.H, BBC Radiophonic Workshop, Dennis Wilson etc….
MM : Ne pensez-vous pas que le mouvement de la musique saturée et des compresseurs violents est sur le point de s’essouffler et que le mouvement arrive à son terme, tout du moins en France ? Comment percevez-vous son avenir ?
SPA : Comme je le disais plus haut, cette vision scénique est un peu déprimante. Je sature pas mal de la musique et des remixes à la chaîne que j’entends où l’argument principal est la saturation, certes. A côté de ça, certains labels sont restés bloqués sur le post punk ou la minimale. Certains ressuscitent, d’autres créent, quel que soit le genre ou courant musical. Je préfère juger à l’aune d’un projet artistique que sur la simple affiliation à telle ou telle chapelle. L’avenir est nécessairement excitant.
Merci à SPA d’avoir répondu de manière aussi complète a nos questions. L’EP Pets Dance est disponible dès ce matin chez vos meilleurs disquaires ou plates-formes de téléchargement.
Tracklist :
1. SPA – Pets Dance
2. SPA – Dumbo
3. SPA – Pets Dance (The Bloody Beetroots Remix)
4. SPA – Pets Dance (The Bloody Beetroots & Cecile Remix)
5. SPA – Pets Dance (Steve Aoki Remix) (Courtesy to SPA)
6. SPA – Pets Dance (Les Petits Pillous Remix)
Bonus : SPA vs Amadou et Mariam (Art Whiplash Bootleg) (Courtesy to SPA)
Tags: Art Whiplash, Bloody Beetroots, Bloody Beetroots & Cecile, Dim Mak Records, Dumbo, Les Petits Pilous, Pet's Dance, S.P.A., Steve Aoki



dire que j’attendais cet album depuis plusieurs mois…gosh!
Des compos vraiment très sympa . . en revanche, j’étais à la soirée de Dim Mak au social et la prestation de SPA en live était comment dire . . dramatique ! Hué par la foule, ses transitions étaient plus que médiocres, aucun “calage” de basses malgré un playlist plutôt bonne. C’est vraiment dommage, alors sans me permettre de juger son talent , j’émets juste un petit bémol quant à sa prestation en live ! Peut être que cette fois-ci, ses psychotropes n’étaient pas ses morceaux, mais bien d’autres substances. Car le fait d’être sous acides (il avait l’air un peu chéper !) excuserait peut être son set quelque peu affligeant . .