Eric Berglund, membre du duo The Tough Alliance, avait annoncé il y a quelques mois son envie de travailler sur un projet solo en publiant sur internet la vidéo prologue de son projet. Les deux suédois ont longtemps été des précurseurs de la scène indie électro et se sont surtout fait remarquer par leurs textes et leur comportement sur scène, marques de leur mélancolie et de leur perpétuelle quête de la paix intérieure. Certains médias ont même été jusqu’à dire que le groupe prônait violence et hooliganisme, mais les vrais amateurs savent qu’il n’en est rien.
La sortie d’un album d’Eric Berglund sur deux des labels les plus influents de la scène électro et rock psychédélique actuelle, Modular et Sincerely Yours, avait donc attisé notre curiosité. On ne pouvait espérer qu’un chef-d’œuvre après le récent succès, bien justifié, de Tame Impala et de JJ sur les deux labels cités précédemment. Mais c’est surtout l’histoire et la pagaille de sentiments accompagnant l’album qui lui donnent une autre dimension.
La paix intérieure, Berglund semble l’avoir trouvée en s’esseulant. White Magic, le titre de l’album l’indique, mais aussi les textes : “J’ai finalement touché la vie et tout était si clair” nous explique-t-il dans Oh God Oh Dear, la cinquième piste. En huit morceaux, ceo (toujours écrit en minuscules pour ne pas fâcher l’artiste) nous transporte dans un univers que l’on peut difficilement définir par des mots. Le voyage ne dure qu’une petite trentaine de minutes mais fait escale dans des lieux bien singuliers.
Le tout est efficacement assemblé, malgré cette impression d’album-cahier-de-brouillon sur lequel Berglund aurait griffonné quelques idées sans trop savoir. Le premier morceau, All Around, annonce la différence de sensibilité qui sépare ceo et The Tough Alliance. Cependant, dans Illuminata, la piste suivante, ceo nous prend à contre-pied en se livrant à l’exercice de la “pop-song” façon Vampire Weekend comme pour nous montrer qu’il n’a pas oublié ses travaux précédents. White magic, le morceau éponyme de l’album, ainsi que No Mercy nous montrent que l’artiste a des ressources et qu’il peut maîtriser bien des atmosphères en mélangeant des sonorités qui n’étaient pas prédestinées à vibrer ensemble.
Comme un clin d’œil, ceo termine son album par une piste en suédois ainsi que par le single de l’album, Come with Me, dont je vous laisse apprécier la vidéo, représentant cette bataille intime que se livrent sans cesse le bien et le mal.
L’album est en distribution sur la plupart des plateformes. Je vous invite aussi à visiter le site de ceo, très sobre, qui nous assure qu’Eric Berglund a choisi d’avoir une identité visuelle décidément bien précise.
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