
Matthieu Gazier, aka Buzz l’Ekler, fondateur du label Ekler’o'Shock, a accepté de répondre à nos questions en exclusivité ! On en apprend plus sur ce label français qui bouge et qui signe entre autres Danger, DatA et Leonard de Leonard !
MaximalMinimal : Salut Matthieu, tout d’abord peux-tu nous expliquer ton parcours personnel ? Comment en es-tu arrivé à fonder Ekler’o’shock ?
Matthieu Gazier : J’ai commencé à organiser des soirées à 17 ans, j’étais au Lycée Carnot, j’avais un pote, Sacha (dont on sort le premier 45 tours début 2009), qui mixait plein de hip hop et de trucs anglais obscurs à l’époque pour nous (du NInja Tune, du Mo’Wav, des trucs de Luke Vibert…). De fil en aiguille, j’ai découvert la club culture, avec surtout les Respect au Queen en 98. Ça m’a complètement changé, j’ai laissé tomber le hip-hop et le hard-rock, et j’ai commencé à acheter des disques, beaucoup d’électro, d’acid, de break. Puis j’ai fais une école de commerce, des stages en maisons de disque, une étude sur Lauryn Hill, des boulots de chef de projet sur du web musique, j’ai été attaché de presse radio et dj pour Ping Pong , où je représentait Big Dada, Ninja, K7, et d’autres labels.
En 2002/2003, j’ai décidé de monter mon label, sans savoir du tout à quoi m’attendre, comment faire. Voilà, ça fait plus de cinq ans, c’est cool.
MM : En France, entre Ed Banger et Institubes, Ekler’o’shock fait figure d’outsider : y a-t-il une concurrence entre les labels ? Ces noms sont-ils des références pour toi ?
MG : Outsider, j’en sais rien, ce que je sais c’est que je n’avais pas le même réseau au départ, et que j’ai été seul aux commandes du label pendant 4 ans. Donc on est moins médiatiques, moins puissants sûrement. Oui, Ed Banger, Institubes ou Kitsuné sont des références, et ont une très bonne visibilité à l’international.
Mais il n’y a pas qu’eux en France pour moi. J’aime plein de labels, j’ai beaucoup écouté Active Suspension à une époque, j’aime beaucoup aussi Tigersushi, Dirty, les trucs que sort Cosmo Vitelli sur I’m a cliché, Record Makers, Disque Primeur, Rise, Diamond Traxx, et puis aussi les gens qui sortent des truc bien spés, comme Cartilage Records, ou Born Bad et leurs compiles de variété française. En fait la compétition je ne la conçois pas, je parlerais plus d’émulation générale.
MM : Le label a-t-il une orientation artistique, musicale, définie à l’avance ? Posez-vous certaines limites ?
MG : “Sky is the limit” disent les ricains. Moi je dis vers l’infini et au delà. Non, il n’y a pas d’orientation. Le but est de se faire plaisir avec des gens auxquels on croit. Je ne crois pas qu’on fera toujours de la musique électronique. On a notre première signature “pop” qui arrive en 2009, on attaque les choses un peu plus sérieuses.
MM : L’album de DatA sortira d’ici peu avec notamment le morceau “Rapture” qui a un véritable potentiel commercial : une façon de faire connaitre le label au grand public ?
MG : Peut-être, mais ce n’est pas le but initial. David (datA) fait la musique qu’il veut, enfin je veux dire ce n’est pas moi qui me suis mis derrière son épaule en studio en lui dictant quoi faire. Je crois simplement qu’il a envie de composer des morceaux pop, de tester autre chose que des bangers pour club. Il revient à sa période Michael Jackson, Midnight Star, et je pense que d’ici quelques années, on le mettra plus dans la case “indie pop” qu’électro.
MM : Vous avez découvert Danger et Starskee via MySpace… Est-ce réellement un outil privilégié ? Continuez-vous à chercher des pépites sur Internet ?
MG : Yes. Tous les jours. Et j’en trouve !
MM : Quel est l’artiste que tu aurais aimé signer par-dessus tout ?
MG : Y a deux mecs que je respecte à fond, dont j’aime quasiment toute la production, c’est Jackson et Joakim. Mais ça ne répond pas vraiment à ta question, ils étaient là bien avant l’existence du label, et puis bon.. J’aurais bien signé Fontän, c’est un groupe Suédois incroyable. Ce sont les nouveaux Pink Floyd version 2009. Je vais harceler leur label pour les sortir.
MM : Quels critères retiens-tu avant de signer quelqu’un sur Ekler’o’shock ?
MG : Qu’il paie ses macarons le jour où on lui décroche une synchro. Qu’il ait bon goût au niveau de ses conquêtes amoureuses. Qu’il vénère Rick Rubin, Giorgio Moroder et De Roubaix à la fois.
MM : A part Danger, d’autres artistes réalisent-ils eux-mêmes leurs artworks ? Neopen semble assez impliqué dans le label…
MG : Ça tourne pas mal au niveau graphisme chez nous, Neopen, K+me, Fake, Mi-Re, Xerak, Mijn Schatje, LAPS, pas mal de gens ont collaboré à l’image du label en fait.
MM : Quelles sont les prochaines sorties prévues ? Quelques dates ?
MG : Les prochaines sorties sont le premier EP de Starskee, My Way (déjà dispo, avec un super clip de K+Me), puis le premier 45 tours de Sacha Di Manolo, puis le premier EP d’Alexandre Chatelard, mon messie, puis le second EP de Danger, puis le second EP de Terry Poison, puis une compile anniversaire coffret, et aussi un panorama des musiques actuelles du monde avec Chocomix et Dj Arc de Triomphe, enfin plein de belles choses.
MM : Un mot pour la fin ?
MG : Merci à tous les gens qui nous suivent. Per aspera ad astra!
Merci à Matthieu pour cette interview !
MySpace de Ekler’o'Shock
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