Posts Tagged: Interview


19
juin 10

Interview : Mickey Moonlight

En marge du Cool Cats Weekend qui s’est déroulé les 5 & 6 juin au Point Éphémère, nous avons eu l’occasion de poser quelques questions à Mickey Moonlight. Le jeune homme, visiblement aussi peu loquace qu’il est étrange et talentueux, s’est malgré tout prêté au jeu de l’interview.

[MaximalMinimal] Bonjour Mickey Moonlight, qui es-tu et d’où viens-tu ?

[Mickey Moonlight] Salut, je suis Mike Silver et je viens de Londres, au Royaume-Uni.

[MaximalMinimal] Tu es très discret au sein de ton label, Ed Banger Records

[Mickey Moonlight] Je suis d’accord. Je suis content que tu dises que je suis discret. Je vois ma musique comme des visions fugitives et sans conséquences, qui vacillent… de potentielles distractions passagères… de petites expressions d’ambivalence cosmique… quelle importance ? L’univers est indifférent.

[MaximalMinimal] Travailles-tu sur des side projects ?

[Mickey Moonlight] Pas pour le moment, mais je produis d’autres artistes qui m’enthousiasment vraiment : Fimber Bravo (20th Century Steel Band), Lou Hayter (New Young Pony Club / The New Sins) et Hypnolove (Record Makers). Tous ces projets verront le jour très bientôt !

[MaximalMinimal] Comment décris-tu ta musique ?

[Mickey Moonlight] Science fiction exotica.

[MaximalMinimal] Que penses-tu apporter au label (Ed Banger Records), et que le label t’apporte-t-il ?

[Mickey Moonlight] Comme tous les artistes Ed Banger (selon moi), j’apporte un son et une vision distincts et uniques. Les gens d’Ed Banger sont les plus sympas que j’aie pu rencontrer. Ils mettent ma musique dans de fantastiques pochettes brillamment dessinées par So-Me et la distribuent aux jeunes gens.

[MaximalMinimal] Quels artistes, musicalement ou non, t’ont influencé dans la construction de ta musique ?

[Mickey Moonlight] Robert Anton Wilson (écrivain américain du XXe siècle, auteur de la trilogie The Illuminatus, ndlr), Kurt Vonnegut (écrivain américain de science-fiction du XXe siècle), J.G. Ballard (écrivain anglais de science-fiction mort l’an dernier).

[MaximalMinimal] Quels artistes recommandes-tu à nos lecteurs en ce moment ?

[Mickey Moonlight] Zongamin !

[MaximalMinimal] Un dernier mot ?

[Mickey Moonlight] Zongamin !

Merci à Matthias/Because Music. L’EP Love Pattern est toujours disponible sur toutes les plate-formes de téléchargement et chez les bons disquaires.


15
juin 10

Interview : Gentlemen Drivers

Vendredi, quelques heures avant leur show au Nouveau Casino, nous avons pris un verre avec les Gentlemen Drivers. L’occasion, à l’heure de la sortie de leur EP L’Arche, de discuter un peu avec eux !

[MaximalMinimal] Salut, pourriez-vous vous présenter ?

[Benoît] Moi c’est Benoît, du groupe Gentlemen Drivers. On se connaît depuis le collège avec Mica, on a fait tout notre parcours scolaire dans le même établissement et la même école de commerce. On a tous les deux 28 ans.

[MaximalMinimal] Comment avez-vous commencé un groupe de musique électronique ?

[Mica] J’avais commencé à mixer depuis un moment, j’ai voulu aller plus loin, donc j’ai commencé à bidouiller sur mon ordinateur. Vu qu’on était branchés musique depuis tout petits et qu’on en parlait beaucoup avec Benoît, on s’est dit que c’était l’occasion de faire un truc ensemble et de bosser tous les deux sur un projet.

[Benoît] On est aussi venus à la musique électronique par facilité !

[MaximalMinimal] Quelles ont été vos influences ?

[Benoît] : On a des goûts musicaux qui n’ont rien à voir avec ce qu’on fait. Mickael écoutait beaucoup de rock, moi j’écoutais beaucoup de rap (ça se voit ! ndlr), mais aussi toutes les musiques qu’on assumait moins quand on était jeunes : Supertramp, les Beach Boys ou les Beatles… Aujourd’hui on fait quelque chose qui ressemble un peu à tout ça.

[MaximalMinimal] Comment avez-vous réagi au fait d’être playlisté sur le sampler Trax, mixé par Pedro Winter, durant l’été 2008 ? (ce sampler, My French Touch 3.0, réunissait tous les artistes prometteurs découverts par le boss du label Ed Banger)

[Benoît] : Je ne garde même pas ça comme un souvenir, on sait que beaucoup de gens nous ont connus grâce à ça, mais on ne se rend pas tellement compte ! Ce sont surtout les remixes qu’on a fait avant ça qui nous ont fait avancer. Par exemple, un remix pour les Klaxons qui a fait un buzz malgré lui, sorti et interdit par le groupe au bout d’une semaine, mais il a vite tourné sur la blogosphère et certaines radios. Celui qui a fait le plus parler de nous c’est celui pour les Teenagers, qui est sorti sur Kitsuné sur leur maxi et la Kitsuné Maison 5 (un remix d’Homecoming, ndlr).

Le Trax, c’était cool car c’était Pedro qui faisait sa sélection, ça fait hyper plaisir, mais pour nous les sorties sur Kitsuné c’était un vrai truc concret, tandis que ça c’était plus comme un petit bonus et une reconnaissance d’un mec comme Pedro.

[MaximalMinimal] Qu’a changé pour vous la forte émergence d’Internet dans le milieu musical ?

[Benoît] On en a profité directement, on est arrivés à l’époque où MySpace était omniprésent, on était pas signés et on l’a tout de suite vu comme quelque chose de très positif : c’était rapide, efficace, spontané on avait des réactions hyper rapides. Aujourd’hui Myspace est mort, mais Internet reste un super moyen de se faire connaître dans le monde entier. C’est assez dingue, comme tout le monde, on a commencé par uploader un morceau pour rigoler, puis on a été contactés par des Américains, des Japonais, ça fait très plaisir ! Des gens te contactent à l’autre bout du monde pour te faire jouer dans leur pays, c’est assez fou.

[MaximalMinimal] L’avenir ?

[Benoît] Une Rolex ? (rires). Non, un prochain maxi à la rentrée (en septembre, ou octobre). L’album, c’est la concrétisation de tout ça, on y pense, on commence à y travailler.

[Mica] On fait ce qui nous plaît, c’est très plaisant de se dire qu’on va développer quelque chose sur le long terme, construire un univers, avoir un album pour objectif… C’est égoïste, mais on cherche d’abord à sa faire plaisir !

[Benoît] Si ça se trouve dans quelques années, on aura tout raté, on sera devenus cons, on aura des boulots, et on dira « à l’époque, je côtoyais Pedro…» (rires).

[MaximalMinimal] Et ce soir ?

[Benoît] On va mixer, comme d’habitude, se faire plaisir, faire plaisir aux gens, essayer d’être cohérents. On va essayer de faire danser sans turbines, et j’espère que les gens apprécieront !

Merci à Benoît (le plus bavard !) et Mica (le plus sérieux !) d’avoir répondu à nos questions. L’EP L’Arche est disponible sur Beatport, et, comme il tourne autour du thème du road trip, il sera de bon ton de le glisser dans son autoradio en route pour la plage.


28
sept 09

Interview Vitalic

Le jour même de la sortie de la sortie de son nouvel opus Flashmob, le légendaire Pascal Arbez-Nicolas, alias Vitalic, a accepté de répondre aux questions de MaximalMinimal :

MaximalMinimal : A l’écoute de ton Disco Terminateur EP, certains de tes fans ont regretté un changement de direction trop brutal. Que pourrais-tu leur répondre ? Penses-tu avoir pris un virage important par rapport à 2005 ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Je ne sais pas s’ils ont regretté ou non. Je sais que, ce qui aurait été très regrettable, c’est de ne pas évoluer. Il faut savoir se détacher de son image pour avancer, et il y a parfois un peu de casse. Ce n’est pas grave, j’en prends le risque. Si j’avais à chaque fois écouté les fans, je crois que j’aurais fais quelques belles erreurs. Je ne sais pas si le rôle d’un musicien est de toujours donner au public ce qu’il attend. Les spécialistes des follow-up passent de toute façon à la poubelle en ne prenant aucun risque.

MM : Ton premier opus OK Cowboy a marqué toute une génération de musique électronique française et est encore plébiscité par tes fans dans le monde entier. A la veille de la sortie de FlashMob, ressentais-tu une pression spéciale par rapport à cela ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Flashmob vient de sortir ce jour. Il y a toujours une pression quand il s’agit de dévoiler au grand jour un travail d’un an, et aussi celui de plusieurs équipes, qui interviennent dans la fabrication du disque, puis du live. La pression était similaire à celle d’OK Cowboy. Je pense que c’est une sorte de trac bien naturel. Si je n’en avais pas du tout, ça voudrait dire que je ne suis pas attaché à ce que je fais. Mais OK Cowboy est loin, je n’y fais plus référence en fait.

MM : Pourquoi avoir attendu si longtemps avant cette nouvelle sortie ? Avais-tu cessé de produire durant tout ce temps ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Oui, presque. Je n’ai fait que jouer live ou prendre du bon temps. C’est comme ça. Cette question est récurrente et je la trouve assez naturelle, mais je n’ai que cette réponse…

MM : Tu sembles également évoluer dans un nouvel horizon graphique, entre l’affiche de ton live et les pochettes de l’EP et de l’album. Qui en est à l’origine ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : C’est une équipe Suisse, DIY, qui s’en est chargée, épaulée de Thomas Further, le webdesigner de Citizen. J’ai voulu tout changer, de la musique à l’univers graphique. Ça fait partie de l’évolution. Je suppose que tout cela sera encore différent pour le troisième album. Je n’ai plus les mêmes envies, je n’écoute plus les mêmes choses et je ne suis plus tout à fait la même personne qu’il y a cinq ans. Je trouve que cela fait partie du jeu de tout recommencer à chaque fois, avec des personnes qui amènent de l’eau à ton moulin, que ce soit pour le mixage ou les pochettes. C’est ludique et ça met un coup de jus.

MM : Tu as dévoilé ton nouveau live en juin dernier. Quelles ont été les premières réactions : les tiennes, celles du public et de ton entourage ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : En juin, le live n’était pas encore assez évolué. Nous avons tous trouvé qu’il y avait une bonne base mais des choses à revoir. Nous avons cherché des directions, du contenu… Il arrive maintenant à un bon stade, mais il est destiné à évoluer sans cesse, puisque c’est une base déclinable et augmentable à l’infini. Il sera certainement bien différent l’été prochain. Les dernières dates, Dijon et Scopitone à Nantes, ont été terribles.

MM : Après avoir tout connu ou presque en tournée autour du monde, l’excitation est-elle la même au moment de défendre un second album devant ses fans ?

[Pascal Arbez-Nicolas] : Oui, je suis très excité. Justement parce que tout est nouveau. De la musique au set-up… c’est la répétition qui tue, et là c’est juste le commencement… Les gens qui m’entourent comptent aussi énormément dans cette excitation, des techniciens, à Exyst, au Tourman…

Vitalic est actuellement en tournée dans toute la France et sera à l’Aéronef de Lille le 21 novembre. Son album Flashmob est disponible depuis aujourd’hui en téléchargement légal et chez tous les bons disquaires.


4
juil 09

Interview Breakbot

Quelques temps après sa signature chez Ed Banger Records, Breakbot, l’un des producteurs les plus mystérieux et les plus talentueux de France, a accepté de répondre à nos questions.

Maximalminimal : Bonjour Breakbot. Tu sembles être quelqu’un de très discret. Peux-tu te présenter brièvement ?

Breakbot : Hello ! Je m’appelle Thibaut, j’ai 27 ans et j’habite Paris.

MM : Peux-tu en dire plus sur ce personnage que tu as créé ? Est-ce qu’il te sert de “masque”, à garder une certaine distance avec ton public, ou est-ce une simple réminiscence de ton passé de graphiste ?

B : C’est un peu mon alter-ego, une version idéale de moi. J’aime son sourire figé, à la fois naïf et franc. Il me sert effectivement à garder une certaine distance, mais cet aspect n’est pas forcément réfléchi. En tout cas il m’amuse beaucoup et je compte bien développer son univers !

MM : Tout le monde te savait proche du crew Ed Banger depuis longtemps, que va réellement changer cette signature pour toi ?

B : Je pense que ça change beaucoup de choses. Pedro me laisse la liberté de faire ce qui me plaît, et son enthousiasme m’aide beaucoup à avancer. C’est très rassurant d’être sur ce label, je me sens forcément moins isolé.

MM : De qui te sens-tu le plus proche dans l’équipe ?

B : Justice a joué un rôle important dans ma culture musicale, ils m’ont fait découvrir beaucoup de trucs, et leur approche de la musique m’a beaucoup influencé.

MM : Quand on signe chez Ed Banger, est-ce qu’on peut s’acheter un gros 4×4 et dîner au tous les jours au restaurant ou alors ce genre de trucs est réservé à Xavier et Gaspard ?

B : Mais mec je t’écris depuis le château de Breteuil que j’ai acquis récemment avec l’avance que j’ai reçue. C’est un endroit calme, vert, idéal tant pour la création que pour les réceptions.

MM : La plupart de tes remixes sont des commandes : selon toi, est-ce que l’argent et l’obligation d’un résultat changent quelque chose à l’approche artistique que l’on a d’un morceau ?

B : “L’obligation d’un résultat” est une chose qui me convient bien. J’ai beaucoup de mal à terminer un morceau, avoir un délai fixé m’oblige à le faire.

MM : Tu sembles aimer les sonorités rétro. Où puises-tu ton inspiration ?

B : Je suis très curieux. J’adore la pop culture du 20ème siècle, des Beach Boys à Kubrick, c’est un siècle très riche artistiquement.

MM : As-tu l’impression d’être souvent là où l’on ne t’attend pas, dans un univers où tout le monde se copie ? (Je pense à ton remix pour Metronomy, où tu as ralenti le morceau à l’extrême, quand n’importe qui se serait contenté de le rendre jouable en club)

B : J’ai du mal à percevoir ce que les gens attendent, et je t’avoue que si je fais de la musique c’est avant tout pour m’amuser. Par ailleurs je copie beaucoup aussi…

MM : Quel est le dernier truc que tu as écouté ? Qu’est-ce qui te plaît en ce moment ?

B : Il y a un track qui s’appelle Rubin sur Gigolo que j’entends beaucoup en club en ce moment, je le trouve vraiment chouette, c’est simple et funky. J’ai bien kiffé le nouvel EP de Cassius. Sinon j’écoute toujours beaucoup de disco.

MM : Quelles seront tes prochaines sorties ?

B : Quelques remixes en préparation, un EP pour la rentrée, et un album pour 2010.

Merci beaucoup Thibaut d’avoir pris le temps de nous répondre, et de rester un personnage discret et modeste malgré ton succès !


18
juin 09

Interview Pony Pony Run Run

On parlait il y a quelques jours de l’excellent album You Need Pony Run Run du groupe éponyme, Pony Pony Run Run.

Maximalminimal a eu l’occasion de les interviewer malgré leur programme chargé, entre une journée promo et une tournée au Japon. Malgré cela, ils ont trouvé le moyen d’être d’excellente humeur et de répondre à nos questions en se marrant : oui, PPRR est bien le groupe le plus cool de l’été !

Maximalminimal : Je vais passer assez vite sur la création du groupe, car vous devez répéter la même chose à longueur de journée !

Pony Pony Run Run (Gaëtan) : En fait Amaël et moi on est frères, et on a rencontré Antonin aux Beaux-Arts de Nantes en 2005.

MM : Pony Pony Run Run, ça veut dire quoi ?

PPRR (Gaëtan) : Il y a une signifaction un peu mystique ! (rires). Non, c’est juste un goût pour les mots qui se répètent. Quand j’étais petit, je me demandais pourquoi ils répétaient plusieurs fois Juvamine dans la pub, je sais pas si tu te souviens (rires). Le truc, c’est que personne n’arrive à prononcer notre nom ! Les gens disent (il dit un truc du genre Pony-ny Ru-Run) !

MM : J’ai écouté tout l’album, et j’y ai entendu de la pop bien sûr, mais aussi des influences rock, électroniques et presque punk parfois.

PPRR (Gaëtan): Nos influences sont extrêmement variées. J’écoute beaucoup d’électro, mais depuis les années 90. On est passés par le hardcore, les raves, la dance, la french touch 1.0… Du rock, beaucoup, depuis le début, même des trucs genre Iron Maiden, Pantera, ou Ministry pour la fusion metal-électro ! Je te mets au défi de trouver quoi que ce soit de hip-hop dans notre album, mais on en écoute… IAM par exemple. Et le punk, tu n’as pas tort. On a eu un groupe de punks à roulette quand on était gamins, et on a écouté pas mal de punk scandinave, dans la lignée du label Burning Hearts (Millencollin…).

Du côté de la pop, disons que notre influence majeure est peut-être Weezer : mélange de rock et de pop, une pop puissante et ouverte à la fois. Disons qu’on mélange power pop, musique électro… On est vraiment autant dans les 80’s que les 90’s et les années 2000.

MM : Vous passez du statut de groupe underground à celui de sensation pop de l’été. Comment est-ce que vous gérez ça ? Est-ce que ça a été brutal ?

PPRR (Gaëtan) : Ben attends, je vais un peu laisser parler les autres parce que là je monopolise la parole ! (rires). (Ensuite, j’ai eu du mal à suivre les changements de parole…disons donc que le groupe parle d’une seule voix !)

Écoute, s’il y a un engouement, c’est cool, mais on ne le côtoie pas. C’est clair qu’on est un peu plus exposés, cités, mais au fond la démarche reste la même. Tu parles de sensation de l’été, je trouve ça cool, ça me fait penser à des trucs genre Chihuahah ! (rires). Si on peut être “tube de l’été”, c’est rigolo ! Mais en tout cas le single Hey You n’a pas du tout été choisi pour ça, on ne sait même pas vraiment s’il y a un buzz ! C’est aussi dommage que certaines personnes s’arrêtent au single. Cet album, je pense qu’il faut prendre le temps de l’écouter et de le ré-écouter plusieurs fois en entier.

MM : Avez-vous déjà eu des retours sur l’album ? Et vous-même, commencez vous à avoir du recul dessus ?

PPRR : Oui, on a eu des feedbacks de journalistes surtout. TV, radio, on a eu les retours des mélomanes qui existent encore dans ces grosses compagnies. Ça a été bon, personne ne nous a appelé pour dire “votre album, c’est de la merde !!!” (rires). Mais bon, on veut surtout un album qui tient sur la longueur. On espère en entendre parler longtemps.

MM : Vous avez tourné pendant 3 ans en Europe avant la sortie de You Need PPRR. Comment s’est passé ce premier concert à la Boule Noire (Lundi 15 juin, ndlr), enfin “prophètes en votre pays” ?

PPRR : Alors le truc super bizarre, c’est qu’il y avait des gens qui connaissaient les paroles ! Et même pas seulement de Hey You. C’est assez agréable et bizarre. C’est un album assez complexe à reproduire sur scène, on s’est vraiment lâchés et on espère que ça va continuer comme ça.

Mais bon, on a toujours été très bien reçus à l’étranger : les choses suivent leur cours. On est d’autant plus contents qu’on a énormément travaillé pour arriver à ce résultat.

MM : Vous pouvez me parler un peu du clip ?

Il y a la trame sur laquelle on s’est tous mis d’accord. Par contre, on ne figure pas dedans, ce sont deux acteurs, on est même pas partis en Thaïlande ! La narration suit les paroles, c’est une illustration du morceau. Ça a été filmé caméra au poing, on trouve le résultat riche. C’est cool d’avoir un clip sans nos gueules à chanter et faire les mariolles ! On garde ça pour le deuxième ! (rires).

MM : Quelle effet ça fait de partir en tournée promo au Japon quand on est français et qu’on a même pas 30 ans ?

PPRR : On est allés à l’étranger dès le début. La première fois, c’était la Hollande. C’est à côté, et pourtant on s’est fait une joie de se barrer ! Le Japon, c’est plus loin, mais c’est le même émerveillement qu’au début. Je crois que les choses viennent naturellement pour nous, rien n’est artificiel. Bon, après, peut-être qu’un peu plus tard on te dira “Waaah le Japon, truc de ouf ! Ça n’a rien a voir !” (rires)

MM : Avez vous déjà écouté les remixes de Hey You ? (Un concours de remixes est organisé en partenariat avec Fairtilizer, ndlr).

PPRR : On en a écouté quelques uns, mais on a surtout été dans le speed de la préparation du concert et de l’album… On a pas encore de nom en tête !

MM : Dernière question : que mettez-vous sur votre iPod ce soir avant de partir au Japon ?

PPRR : – Moi je bloque un peu sur les trucs hippies d’outre-atlantique… Je vais écouter Passion Pit, mais l’album m’a déçu. Il est moins bon que l’EP.

- Moi, de la musique brésilienne… j’ai peur qu’on se crashe ! (rires). (Au 3ème) Et toi t’écoutes quoi ?

- Des CDs d’instru des Beastie Boys que j’ai récupérés… peut-être quelques remixes aussi, non ?

- Ha oui, les remixes, bonne idée.

Merci aux trois Pony Pony Run Run qui n’ont décidément pas pris la grosse tête (espérons que ça continue), et à Stéphane de 3ème Bureau, leur label. L’album est disponible pour seulement 2,99 € en téléchargement sur Amazon, sur iTunes et tous les bons disquaires (pour peu que ça existe encore).


24
avr 09

Interview Steve Aoki

Interview Steve Aoki by MaximalMinimal (VOSTFR)
envoyé par MaximalMinimal

Un petit mot pour ceux qui passeraient par Washington D.C. un de ces jours, il faut savoir que la boîte de la capitale américaine où a joué Steve Aoki, Ibiza, est en train de booker d’excellents artistes, ce qui permet enfin aux américains moyens de découvrir de la musique autre que du rap commercial. Donc si vous êtes dans les parages, allez y faire un tour !


9
avr 09

Interview : The Bloody Beetroots

MaximalMinimal a eu l’occasion de rencontrer les Bloody Beetroots lors d’une soirée à Baltimore, aux États-Unis. On a eu le droit à une mini interview. En tout cas, s’il faut savoir quelque chose sur les Bloody Beetroots, aka Bob Rifo et Tommy Tea, c’est que ce sont des gens très calmes et gentils sans leurs masques. Ce masque a en fait de vrais super-pouvoirs, comparables à ceux du masque dans le film The Mask (vous savez, avec le mec vert complètement dingue qui fout le bordel absolument partout). En effet, après s’être déguisés, Bob et Tommy deviennent de vrais fous furieux, et détruisent absolument tout. On se croirait dans un concert de Metallica en 1983.

MaximalMinimal : Pourquoi jouez-vous [Bob Rifo et Tommy Tea] ensemble, vu que c’est uniquement toi, Bob Rifo, qui produit la musique ?

Bob Rifo : J’avais un side-project qui était un DJ set complémentaire à un groupe de punk-rock que j’avais créé, Bob Rifo’s Gang. Tommy faisait partie de ce DJ set. J’ai décidé d’arrêter ce punk band que j’avais, à cause de problèmes d’alcoolisme collectifs. Vu que je produisais de l’électro avant mon groupe punk, j’ai décidé de m’y remettre, et en 3 mois tous les morceaux que j’avais composés étaient sur toutes les chat-rooms du monde, et j’ai continué dans ce chemin, ce qui a donné les Bloody Beetroots.

MM : Que devient votre musique ? Où ira-t-elle dans les prochaines années ?

BR : Le style de notre son restera toujours le même, mais si tu écoutes bien tous nos titres, aucun d’eux n’est réellement identique. Il y a une évolution dans notre production, dans nos propres morceaux, ainsi que dans nos remix : tu ne sais jamais vers où tu vas quand tu produis. Si es au point sur l’actualité musicale, tu suis les courants musicaux qu’il y a pendant cette période, et tu cherches à les faire évoluer. Et ça ne s’arrête jamais.

MM : Pourquoi une de vos pistes s’appelle-t-elle Bluto Fucks Popeye ?

BR : Pour détruire complètement ce mythe Bien / Mal où le Bien triomphe toujours du Mal, alors que dans ce cas, c’est Popeye qui s’en prend plein la gueule.

MM : Beaucoup de gens trouvent ça bizarre que vous utilisiez Windows. Quelles sont vos raisons ? Et quels programmes utilisez-vous pour produire vos morceaux ?

BR : Il n’y a pas vraiment de raison, contrairement à ce que pensent les gens. J’ai commencé à produire avec un vieil ordinateur Atari qui contrôlait un Akai. Mon ordi était muni de Cubase. J’ai ensuite installé mon Cubase sur un PC, et je continue toujours aujourd’hui à utiliser Cubase. J’utilise aussi Logic, Pro Tools. Mais au fond c’est une question d’habitude… quand on a commencé avec quelque chose auquel on s’est habitué, il n’y a aucune raison de changer. Après tout, le but est de faire de la bonne musique.

MM : Quelques artistes méconnus que tu nous conseilles ?

BR : Écoute, un type que je conseille vivement, même s’il est un peu connu, c’est Jackson and his Computer Band. Ce type est vraiment sous-estimé. C’est un mec qui est super actuel dans sa musique, et il ne sera jamais oublié. Il devrait surtout être redécouvert. Après si on veut parler de la nouvelle vague d’électro italienne, il y a quelques noms que vous connaissez peut-être, comme Gigi Barocco, Congorock, Blatta & Inesha, Cecile, et His Majesty Andre.

MM : Un secret dans votre musique ?

BR : Il n’y a pas de secret. C’est faire de la musique.

MM : Son but ?

BR: Conserver la musique.

(Pour écouter la chanson qui va avec la dernière réplique puissante et solennelle de Sir Bob Cornelius Rifo, cliquer Ici)

Merci à Bob Rifo et Tommy Tea d’avoir très gentiment accepté l’interview. WE LOVE THE BLOODY BEETROOTS !

MySpace des Bloody Beetroots

Bloody Beetroots sur Beatport


8
juil 08

Interview Lutzenkirchen

Pour sa troisième interview, MXMLMNML s’est exporté en Allemagne, à Munich plus précisément, auprès de Tobias Lutzenkirchen dont la réputation n’est plus à faire dans le monde de la techno minimale. Presque un mois après la sortie de son album Pandora Electronica, Tobias a accepté de répondre à nos questions. (For non-english speakers… traduction dans les commentaires.)

MXMLMNML : Hi Tobias, present yourself (for those who still don’t know you).

Tobias Lutzenkirchen : My Name is Tobias Lützenkirchen, living in Munich, Bavaria (Germany), born in Neuss (also Germany), originated from Cuba. (Cuban Father, German Mother).

MM : How long have you been listening, playing and producing electronic music?

Tobias : Listened to music all my life. Listen to electronic music since the age of 14. Producing since 1999. Playing as a DJ from 2006 til End of 2007. Since 2008 I nearly play only Live-Setups.

MM : How would you describe your own music?

Tobias : Neo-Techno, or Trash-Minimal..;))

MM : Do you think you’ll still go this way in the future?

Tobias : I am pretty sure I will. But you can never be sure.

MM : You started producing under your real name only in 2005. Why did you use so many different aliases in your early years?

Tobias : Because I thought I need different aliases for different styles. Now I think that as an artist doing different styles (and being still successful) is a very uncommon thing, and therefore a super-bonus.

MM : Pandora Electronica is out since more than a month now. Do you take a break and focus on your lives, or do you got ideas for a new EP yet?

Tobias : No break, no holidays. As always.. ;) Platform B 006 is out in Germany this Week (as is first of July 08) and no. 7 and 8 are ready in pipeline. Next Craft Music EP is finnished, also next Great Stuff single. Working on some Remixes at the moment and will play some big festivals in Germany the next two months, combined with a Brazil tour and an Australia tour. And more to come for sure.

MM : What kind of stuff are you working with? live? in studio?
Do you use more hardware or more software ?

Tobias : For music making, sketching out Ideas and stuff, nearly only software. For finishing, dynamics, effects and stuff more hard- then hardware.

MM : How could you explain that half of the greatest techno artists come from Germany?

Tobias : Because we invented it ;) Techno started in Germany and has a long tradition around here.

MM : Who are your top djs or favorite tracks in 2008?

Tobias : Hmm. Cant tell. Would say Adam Bayer and Dubfire. Tracks? Don’t know.

MM : Can you introduce quickly your label Platform B Recordings? What is it about?

Tobias : As most might know, cause its part of the label profile, Platform B has started as a newcomer label for Munich based artists. Now, after the big success of the first releases, it´s still a newcomer label, but not as area-restricted as it was. Still a lot of Munich artists in the roster, but not exclusively. Its a big sucess for me anyways that I came so far with a label that only had released tracks that originated from Munich.

MM : Thank you so much for that! See you soon live somewhere around the world :)
Cheers.

Tobias : Of Course. Cheers!