
On parlait il y a quelques jours de l’excellent album You Need Pony Run Run du groupe éponyme, Pony Pony Run Run.
Maximalminimal a eu l’occasion de les interviewer malgré leur programme chargé, entre une journée promo et une tournée au Japon. Malgré cela, ils ont trouvé le moyen d’être d’excellente humeur et de répondre à nos questions en se marrant : oui, PPRR est bien le groupe le plus cool de l’été !
Maximalminimal : Je vais passer assez vite sur la création du groupe, car vous devez répéter la même chose à longueur de journée !
Pony Pony Run Run (Gaëtan) : En fait Amaël et moi on est frères, et on a rencontré Antonin aux Beaux-Arts de Nantes en 2005.
MM : Pony Pony Run Run, ça veut dire quoi ?
PPRR (Gaëtan) : Il y a une signifaction un peu mystique ! (rires). Non, c’est juste un goût pour les mots qui se répètent. Quand j’étais petit, je me demandais pourquoi ils répétaient plusieurs fois Juvamine dans la pub, je sais pas si tu te souviens (rires). Le truc, c’est que personne n’arrive à prononcer notre nom ! Les gens disent (il dit un truc du genre Pony-ny Ru-Run) !
MM : J’ai écouté tout l’album, et j’y ai entendu de la pop bien sûr, mais aussi des influences rock, électroniques et presque punk parfois.
PPRR (Gaëtan): Nos influences sont extrêmement variées. J’écoute beaucoup d’électro, mais depuis les années 90. On est passés par le hardcore, les raves, la dance, la french touch 1.0… Du rock, beaucoup, depuis le début, même des trucs genre Iron Maiden, Pantera, ou Ministry pour la fusion metal-électro ! Je te mets au défi de trouver quoi que ce soit de hip-hop dans notre album, mais on en écoute… IAM par exemple. Et le punk, tu n’as pas tort. On a eu un groupe de punks à roulette quand on était gamins, et on a écouté pas mal de punk scandinave, dans la lignée du label Burning Hearts (Millencollin…).
Du côté de la pop, disons que notre influence majeure est peut-être Weezer : mélange de rock et de pop, une pop puissante et ouverte à la fois. Disons qu’on mélange power pop, musique électro… On est vraiment autant dans les 80’s que les 90’s et les années 2000.
MM : Vous passez du statut de groupe underground à celui de sensation pop de l’été. Comment est-ce que vous gérez ça ? Est-ce que ça a été brutal ?
PPRR (Gaëtan) : Ben attends, je vais un peu laisser parler les autres parce que là je monopolise la parole ! (rires). (Ensuite, j’ai eu du mal à suivre les changements de parole…disons donc que le groupe parle d’une seule voix !)
Écoute, s’il y a un engouement, c’est cool, mais on ne le côtoie pas. C’est clair qu’on est un peu plus exposés, cités, mais au fond la démarche reste la même. Tu parles de sensation de l’été, je trouve ça cool, ça me fait penser à des trucs genre Chihuahah ! (rires). Si on peut être “tube de l’été”, c’est rigolo ! Mais en tout cas le single Hey You n’a pas du tout été choisi pour ça, on ne sait même pas vraiment s’il y a un buzz ! C’est aussi dommage que certaines personnes s’arrêtent au single. Cet album, je pense qu’il faut prendre le temps de l’écouter et de le ré-écouter plusieurs fois en entier.
MM : Avez-vous déjà eu des retours sur l’album ? Et vous-même, commencez vous à avoir du recul dessus ?
PPRR : Oui, on a eu des feedbacks de journalistes surtout. TV, radio, on a eu les retours des mélomanes qui existent encore dans ces grosses compagnies. Ça a été bon, personne ne nous a appelé pour dire “votre album, c’est de la merde !!!” (rires). Mais bon, on veut surtout un album qui tient sur la longueur. On espère en entendre parler longtemps.
MM : Vous avez tourné pendant 3 ans en Europe avant la sortie de You Need PPRR. Comment s’est passé ce premier concert à la Boule Noire (Lundi 15 juin, ndlr), enfin “prophètes en votre pays” ?
PPRR : Alors le truc super bizarre, c’est qu’il y avait des gens qui connaissaient les paroles ! Et même pas seulement de Hey You. C’est assez agréable et bizarre. C’est un album assez complexe à reproduire sur scène, on s’est vraiment lâchés et on espère que ça va continuer comme ça.
Mais bon, on a toujours été très bien reçus à l’étranger : les choses suivent leur cours. On est d’autant plus contents qu’on a énormément travaillé pour arriver à ce résultat.
MM : Vous pouvez me parler un peu du clip ?
Il y a la trame sur laquelle on s’est tous mis d’accord. Par contre, on ne figure pas dedans, ce sont deux acteurs, on est même pas partis en Thaïlande ! La narration suit les paroles, c’est une illustration du morceau. Ça a été filmé caméra au poing, on trouve le résultat riche. C’est cool d’avoir un clip sans nos gueules à chanter et faire les mariolles ! On garde ça pour le deuxième ! (rires).
MM : Quelle effet ça fait de partir en tournée promo au Japon quand on est français et qu’on a même pas 30 ans ?
PPRR : On est allés à l’étranger dès le début. La première fois, c’était la Hollande. C’est à côté, et pourtant on s’est fait une joie de se barrer ! Le Japon, c’est plus loin, mais c’est le même émerveillement qu’au début. Je crois que les choses viennent naturellement pour nous, rien n’est artificiel. Bon, après, peut-être qu’un peu plus tard on te dira “Waaah le Japon, truc de ouf ! Ça n’a rien a voir !” (rires)
MM : Avez vous déjà écouté les remixes de Hey You ? (Un concours de remixes est organisé en partenariat avec Fairtilizer, ndlr).
PPRR : On en a écouté quelques uns, mais on a surtout été dans le speed de la préparation du concert et de l’album… On a pas encore de nom en tête !
MM : Dernière question : que mettez-vous sur votre iPod ce soir avant de partir au Japon ?
PPRR : – Moi je bloque un peu sur les trucs hippies d’outre-atlantique… Je vais écouter Passion Pit, mais l’album m’a déçu. Il est moins bon que l’EP.
- Moi, de la musique brésilienne… j’ai peur qu’on se crashe ! (rires). (Au 3ème) Et toi t’écoutes quoi ?
- Des CDs d’instru des Beastie Boys que j’ai récupérés… peut-être quelques remixes aussi, non ?
- Ha oui, les remixes, bonne idée.
Merci aux trois Pony Pony Run Run qui n’ont décidément pas pris la grosse tête (espérons que ça continue), et à Stéphane de 3ème Bureau, leur label. L’album est disponible pour seulement 2,99 € en téléchargement sur Amazon, sur iTunes et tous les bons disquaires (pour peu que ça existe encore).