
Puisque j’ai maintenant eu l’occasion d’entendre le tant attendu album des Bloody Beetroots dans son intégralité, j’imagine que je suis obligé d’en faire la critique ici, afin de ne pas rester sur la touche des milliers de kids qui l’encenseront dans les prochaines semaines.
Tout d’abord, sachez qu’il m’en coûte de poster un artwork pareil sur ce blog que nous avons toujours voulu de bon goût : à l’image de la plupart des dernières productions de Sir Bob Cornelius Rifo, c’est sale et mal fini, et ça ne donne surtout pas envie d’aller plus loin. Passons sur les dix morceaux déjà sortis en considérant que l’album en contient le double, et donc 10 exclusivités à se mettre sous la dent.
L’intro Romborama synthétise toute la rage et la puissance brute du duo, et donne le ton pour la suite : les Bloody Beetroots sont restés fidèles à eux-mêmes. Les tonalités mineures d’Have Mercy On Us, produit avec le talentueux milanais Cècile, rappellent Verra La Morte ou encore We Are From Venice et font de ce morceau l’une des bonnes surprises de l’album.
Quelques titres sortent ensuite du lot, comme l’inattendu featuring avec Vicarious Bliss Little Stars et les puissantes Theolonius (King Voodoo) et Anacletus. Le premier single, Awesome, en featuring avec les Cools Kids, serait presque potable si les insupportables synthés de Warp ne venaient pas nous irriter à chaque fin de phrase.
Pour le reste, l’histoire se répète : des productions insipides et sans intérêt (Storm, It’s Better A DJ On 2 Turntables, Talkin’ In My Sleep, Mother), des classiques usés jusqu’à la corde dont la production n’a même pas été revue (Warp, I Love The Bloody Beetroots, Butter, Cornelius, Fucked From Above 1985), et, pire, du R&B vocodé (Second Streets Have No Name ft. Beta Bow) et du rap latino -pitié, Cypress Hill fait ça mieux que vous- (Come La ft. Marracash).
Alors, cet album n’est finalement pas aussi mauvais que je l’espérais secrètement : il est vrai que quelques productions s’en tirent honorablement, et qu’elles feront sans doute fureur à la rentrée. Seulement, le ratio est tout de même d’environ 5 titres franchement mauvais et 10 déjà sortis sur un total de 20 : si Steve Aoki n’a pas poussé ses deux protégés à se prostituer à l’industrie musicale, alors j’appellerai simplement cela du manque de talent, et constate que c’est toujours avec une pointe de nostalgie que l’on regarde les jeunes espoirs d’il y a quelques années foncer droit dans le mur.




